
18/12/03 - Accrochage - Paris, Musée du Louvre -
La vie des musées n'est pas faite que d'expositions, ni même d'acquisitions.
Un travail de fond, moins médiatisé mais indispensable, permet de réattribuer
des tableaux, de les sortir des réserves, de les restaurer et de les faire
découvrir au public.
Le Louvre et le musée de Perpignan viennent ainsi de faire preuve d'un bel esprit de
coopération en échangeant deux tableaux. Contre le dépôt
par le Louvre, à Perpignan, d'une toile de Hyacinthe Rigaud et de son atelier,
celui-ci peut exposer depuis quelques jours une très jolie esquisse1
d'Anthonis Sallarts2 (avant 1590-1658), provenant de la collection La Caze
et qui se trouvait isolée à Perpignan qui n'a pas de fond nordique. Elle avait
été rendue au peintre bruxellois Sallarts par Jacques Foucart alors qu'elle
était conservée sous une attribution à l'atelier d'Anton Van Dyck3.
Le sujet en est la Vierge à l'enfant avec saint Joseph et l'archange saint
Michel vénérés par quatre échevins de la ville de Bruxelles. D'un beau
feu baroque, elle est préparatoire à un tableau conservé à l'Hôtel de Ville
de Bruxelles, la Vierge aux magistrats, signé et daté de 16344.
Plusieurs tableaux de Sallarts sont entrés ces dernières années
dans les collections françaises : une petite esquisse en grisailles au Louvre
en 19905, un Projet d'autel pour la
chapelle du Saint Sacrement à Sainte Gudule, au Musée de l'Hôtel Sandelin
à Saint Omer (acquis après 19936) et
surtout une grande Allégorie de la Vie chrétienne (ill. 2)
achetée en 1999 par le Musée d'Hazebrouck7.
Notons également qu'un autre tableau La Caze, un Portrait d'une femme âgée de 54 ans, la main posée sur un fauteuil8, par le peintre de La Haye, Jan Anthonisz. van Ravesteijn (vers 1570-1657) a été récemment sorti des réserves et accroché sur les cimaises du musée (ill. 3). Très austère malgré l'influence des portraits flamands, ce tableau fit l'objet d'une caricature dans le journal La vie parisienne pour illustrer un article signé Hix sur la donation au Louvre de la « galerie La Caze » (ill. 4) où le donateur est qualifié de « saint Vincent de Paul des Téniers ».
1. Huile sur papier marouflé sur
bois. 33,5 x 40,6 cm. Déposé à Perpignan en 1872. L'esquisse est exposée salle
25.
2. Le nom du peintre est sujet à variation : Anthoni
ou Antoon, Sallaert, Sallaerts ou Sallarts.
3. Jacques Foucart, « Alexandre et Diogène, une
grisaille d'Anthoni Sallarts », Bulletin des Amis du Musée de Rennes, n°4,
1980.
4. Huile sur toile. 185 x 230 cm. La photo de ce
tableau est visible sur le site
de l'Institut Royal du patrimoine artistique belge.
5. L'enfant Jésus en gloire entouré de saints
Huile sur papier marouflé sur panneau. 30 x 20,8 cm. Don de Philippe Carlier et
Denis Coekelberghs. Cf. Nouvelles acquisitions du département des peintures
(1987-1990), Paris, 1991, Editions de la Réunion des Musées Nationaux,
p. 66-67 (notice par J. Foucart).
6. Photo dans le dossier « Sallarts » à la
documentation des peintures du Musée du Louvre.
7. Huile sur toile. 116 x 173 cm. Récemment montré
à Caen dans l'exposition Baroque,
vision jésuite, n° 26, notice de Jan Willem Noldus. Cf aussi Revue
du Louvre, 1-2000, p. 14 (notice de Patrick Descamps).
8. Huile sur panneau. 111 x 82 cm.
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