
19/11/03
- Acquisition - Madrid, Musée du Prado - Le musée madrilène
vient d'acheter, auprès de Wildenstein et
pour la somme de 23 millions d'euros, un tableau de Diego Velázquez datant de
1650 et peint lors de son second séjour à Rome. Contemporain du Portrait
d'Innocent X (Galleria Doria-Pamphilj) et de celui de Juan de Pareja
(New York, Metropolitan Museum), il représente un buste d'homme qui a été
identifié comme le portrait de Michelangelo Augurio, barbier du pape1.
L'œuvre, qui fit partie des collections de Sir Edmund Davis, grand donateur des
musées français, est dans un excellent état de conservation.
Cet achat fait l'objet d'une polémique en Espagne, certains
regrettant que le Musée n'ait pas acquis un important Goya, Celestine et
Maja sur un balcon, vendu récemment 18 millions d'euros à un
collectionneur privé espagnol. Le Velázquez serait une œuvre mineure, ce que
conteste Miguel Zugaza, le directeur du Prado. Il souligne en outre que le
musée n'avait pas eu connaissance de la vente du Goya, qui a fait l'objet d'une
transaction privée par l'intermédiaire de Christie's. Il ajoute que cette
dernière toile, déclarée « bien d'intérêt culturel », demeure en Espagne,
tandis que le Velázquez vient enrichir le patrimoine du pays. Enfin, il voit
dans l'acquisition de ce portrait le signe de l'intérêt du gouvernement de
Jose Maria Aznar pour son musée.
Depuis une quinzaine d'années, avec l'acquisition de la collection
Thyssen ou l'ouverture du musée de la Reine Sofia, l'Espagne se donne des
moyens dignes des pays anglo-saxon pour bâtir des musées et réaliser des
acquisitions prestigieuses (la Comtesse de Chinchón de Goya au Prado en
2000).
Dans le récent catalogue des peintures espagnoles du Louvre,
Jean-Pierre Cuzin écrivait que l'un des plus beaux espoirs du musée était de
faire rentrer un Velázquez. Il s'agit presque d'un rêve utopique compte tenu
des prix atteints et du fait qu'il n'en reste presque plus en collection
privée, si ce n'est quelques œuvres de jeunesse, sombres et secondaires, comme
la petite Tête d'apôtre qui passera en vente à Madrid, le 4 décembre,
chez Alcalá.
1. Huile sur toile,
48,3 x 44,4 cm.
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