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Le Musée d'Orsay prend des couleurs

Salle 15 du musée d'Orsay
1. Salle 15 du musée d'Orsay
De gauche à droite : James Tissot, Jeune fille en
veste rouge ;
Carolus-Duran, La Dame au gant ;
Alfred Stevens, La lettre de rupture
Photo : D. Rykner

2/7/08 Muséographie – Paris, Musée d'Orsay On pouvait croire ce musée condamné à ses fonds pâles. On se trompait. Les couleurs font enfin leur apparition sur les murs, rendant aux tableaux une puissance qu'ils avaient souvent perdue sur ces teintes fadasses. Le XIXe, ne l'oublions pas, est le siècle des cimaises colorées.

   Deux salle viennent ainsi d'être repeintes, préfigurant la nouvelle et excellente politique du nouveau directeur, Guy Cogeval (voir brève du 30/1/08). La première (ill. 1) accueille, sous le nom de Réalisme, des toiles de Carolus-Duran, James Tissot, Alphonse Legros, Alfred Stevens ou Théodule Ribot. La comparaison avec les tableaux encore exposés sur des murs clairs parle d'elle-même (ill. 2).

Salle 15 du musée d'Orsay
2. Salle 15 du musée d'Orsay
A gauche, Alfred Stevens, La lettre de rupture, à droite,
James Tissot, Les deux sœurs.
Au fond : Frédéric Bazille, Réunion de famille
Photo : D. Rykner

Salle 24 du musée d'Orsay
3. Salle 24 du musée d'Orsay
A gauche, Léon Bénouville : Martyrs chrétiens entrant à
l'amphithéâtre
; à droite : Paul Chenavard, Divina
Tragedia
; au centre : Louis-Ernest Barrias, La Nature se
dévoilant à la Science

Photo : D. Rykner

   Quant à la seconde salle (ill. 3) au rez-de-chaussée du pavillon amont (au fond du musée, à gauche), elle est désormais consacrée à quatre tableaux de grand format (et à une sculpture polychrome de Barrias). La Tentation de saint Antoine d'Eugène Isabey, longtemps accrochée, n'était plus montrée depuis bien longtemps, tandis que les trois autres n'avaient été présentés exceptionnellement que pendant quelques mois, il y a plusieurs années. Il s'agit du Dernier jour de Corinthe de Tony Robert-Fleury, des Martyrs chrétiens entrant à l'amphithéâtre de Léon Bénouville et du chef-d'œuvre extravagant de Paul Chenavard, Divina Tragedia (ill. 4), dont les coloris sont particulièrement valorisés par le fond mauve.

Paul Chenavard - Divina Tragedia - Paris, Musée d'Orsay
4. Paul Chenavard (1807-1895)
Divina Tragedia
Huile sur toile - 400 x 550 cm
Paris, Musée d'Orsay
Photo : RMN / Hervé Lewandowski

   Après la restauration et l'exposition du Martyre de Saint Agnès de Joseph-Désiré Court à Rouen (voir brève du 21/6/08), la sortie des réserves de ces œuvres annonce-t-elle un retour en grâce des grands tableaux de Salon ? Ces redécouvertes et l'apparition de murs colorés à Orsay sont en tout cas d'excellentes nouvelles pour les amoureux du XIXe siècle1.

1. On regrettera cependant l'absence de cadres.

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