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Un tableau de Claude Vignon acquis par le Louvre  

Claude Vignon - Sainte Catherine refusant d'adorer les idoles - Paris, Musée du Louvre
Claude Vignon (1593-1670)
Sainte Catherine refusant d'adorer les idoles
Huile sur toile - 147,5 x 210,5 cm
Paris, Musée du Louvre

24/1/08– Acquisition – Paris, Musée du Louvre  Le département des peintures vient d'acquérir, auprès d'un marchand français, un tableau qui avait été exposé à la dernière Foire de Maastricht.
   Ce beau Claude Vignon est inédit, ou plutôt était connu par des mentions d'archives et réputé perdu1. Dans sa monographie consacrée à l'artiste2, Paola Pacht Bassani le catalogue sous le numéro MC73 : « Sainte Catherine qu'on veut contraindre à l'adoration des idoles ». Malgré ses dimensions « considérables », « elle fut réalisée en vingt-quatre heures par suite d'une gageure avec un ami orfèvre ». Le tableau obtint un grand succès comme le dit Guillet de Saint-Georges : « ... Tout Paris alloit voir avec admiration ce tableau, qui fit donner à M. Vignon le nom de peitnre de la gageure. » L'œuvre était citée pour la dernière fois en 1703 dans l'inventaire après-décès du fils de Vignon.

   On comprend l'admiration de ses contemporains : malgré la rapidité de son exécution, il s'agit d'une toile brillante, de grande qualité. On sait - et la rétrospecrive de 1993-1994 l'a prouvé - que Claude Vignon était capable du meilleur et du moins bon, sans doute en raison de l'intervention fréquente de l'atelier et de la rapidité de sa production. Cette œuvre qu'il a dû réaliser entièrement seul en raison des circonstances particulières de sa conception, prouve que l'artiste avait une facilité et un talent qui en fait l'équivalent d'un Fa presto français.

   Il manquait encore au Louvre une toile de Vignon dans ce style. Le Jeune chanteur de la période romaine est une œuvre typiquement caravagesque, comme l'est également La Mort de saint Antoine, même si ce dernier tableau, dont la date n'est pas assurée, relève davantage d'une influence d'Orazio Borgiani ; Salomon et la Reine de Saba est plutôt d'une veine maniériste tardive, tandis que La Mort de Sénèque retrouve, alors que le peintre est depuis longtemps installé à Paris, une couleur encore caravagesque.
   Datée de 1623 par Paola Bassani Pacht3, c'est-à-dire peu après le retour de Vignon à Paris, La Sainte Catherine refusant d'adorer les idoles, où l'influence vénitienne est évidente, est l'équivalent de la peinture baroque romaine de l'époque. Il se montre ici beaucoup plus moderne qu'il ne le sera vers la fin de sa vie où il persistera dans une veine maniériste alors passée de mode.

1. Il est évidemment possible qu'il s'agisse d'un autre tableau bien que cela soit peu probable. Ses dimensions étaient de 5 pieds sur 6 pieds, soit très proches de celle de l'œuvre acquise par le Louvre qui correspond à 4 pieds 6 pouces et 5 pieds 6 pouces. Les mesures étaient souvent approximatives ou arrondies.
2. Paola Pacht Bassani, Claude Vignon 1593-1670, Editions Arthéna, Paris, 1992. L'ouvrage servait également de catalogue à l'exposition qui a eu lieu à Tours, Arras et Toulouse de décembre 1993 à septembre 1994.
3. Communication orale de Paola Bassani à Sylvain Laveissière qui nous l'a aimablement signalée.

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Un « petit May » de Claude Vignon préempté par le Musée Carnavalet (24/6/04)

Un tableau de Claude Vignon déposé au Musée départemental de l'Oise à Beauvais (24/11/03)