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Une exposition d’œuvres bolonaises du XVIIe siècle à la galerie Tarantino

Annibale Carracci - Paysage vallonné - Paris, Galerie Tarantino
1. Annibale Carracci (1560-1609)
Paysage vallonné
Plume et encre brune - 24 x 38 cm
Paris, Galerie Tarantino
Photo : Galerie Tarantino

17/1/08 Marché de l'art Paris, Galerie Tarantino Ouverte en juin 2007, la galerie Tarantino a pour spécialité les antiques et l’art italien. Ce dernier se trouve à l’honneur dans la première exposition de cette jeune institution, consacrée à l’Emilie de l’ère baroque. Malgré le nombre pléthorique de publications et de manifestations autour de l’école bolonaise, la rétrospective offre de nombreuses œuvres inédites. Pas de grands retables, mais un ensemble de tableaux et dessins de petit format : leur accrochage serré dans une seule salle évoque judicieusement le caractère privé de ces œuvres, destinées à la contemplation des amateurs.

Ludovico Carracci - Repos de la Sainte Famille pendant le retour de la fuite en Egypte - Paris, Galerie Tarantino
2. Ludovico Carracci (1560-1609)
Repos de la Sainte Famille pendant
le retour de la fuite en Egypte
Huile sur cuivre - 27,5 x 21,5 cm
Paris, Galerie Tarantino
Photo : Galerie Tarantino

   Parmi la trentaine de pièces, les Carracci et leur cercle occupent une place de choix. D’Annibale, citons le Paysage vallonné (ill. 1) , beau dessin de la fin de vie ; quant à Ludovico, sa Madonna del Bucato («  la Vierge à la lessive » ; ill. 2) constitue probablement une des œuvres phares. Non seulement ce petit tableau sur cuivre possède une iconographie très singulière (où Marie, Joseph et Jésus sont littéralement occupés à laver leur linge sale en famille…), librement dérivée du repos pendant la fuite en Égypte, mais il fut aussi pendant longtemps considéré comme perdu et uniquement connu par la gravure. Parmi leurs élèves de l’académie bolonaise, outre une feuille de Domenichino, on trouve aussi un dessin de Mastelletta (Vierge à l’Enfant apparaissant aux saintes Lucie, Marguerite et Catherine d’Alexandrie), encore tributaire du maniérisme tardif et notamment de l’art de Parme ; ou bien une Sainte Marie-Madeleine peinte par Cavedone, aux inflexions caravagesques assez marquées.

   Dans cette même génération, le Saint François en adoration devant la Croix de Schedoni traite un sujet typique de la Contre-Réforme dans une veine intimiste, démontrant l’étendue du talent d’un artiste autrement connu pour ses toiles monumentales. Si Reni n’est représenté par aucune œuvre autographe (malgré une bonne copie, légèrement agrandie, de son Autoportrait des Offices, par son collaborateur Sirani), une Mort de Cléopâtre de son élève flamand Michele Desubleo s’inscrit tout à fait dans le classicisme initié par le maître, allié à la froideur formelle de ce natif de Maubeuge.

   Souvent éludée, la création émilienne de la seconde moitié du XVIIème et des premières années du XVIIIème siècle n’est guère négligée. On songe bien sûr à Giuseppe Maria Crespi, dont la longue et prolifique carrière aboutit à des œuvres aussi variées que le ténébriste Personnage avec un col de fourrure ou une sanguine avec Saint Antoine pleurant le corps de Saint Paul Ermite, au tracé très fluide. Deux œuvres qui évoquent chacune à leur manière la production d’un Luca Giordano, par leur luminisme comme leur virtuosité. Des contemporains de Crespi, Lorenzo Pasinelli ou Carlo Cignani se caractérisent par une palette terreuse associée à des éclairages subtils. Peinte vers 1700, l’élégante Galatée attribuée à Giovanni Gioseffo Dal Sole annonce déjà l’esthétique rococo. Les affinités de cette dernière œuvre avec certaines toiles mythologiques, contemporaines, de Pierre Mignard ou Charles de la Fosse ne sont guère fortuites : on sait combien les peintres de Louis XIV regardèrent avec admiration les œuvres bolonaises.

   L’exposition se déroule jusqu’au 31 janvier 2008. Elle est accompagnée d’un catalogue bilingue (français-italien), avec des textes de Franco Moro autour des œuvres présentées et d’autres découvertes émiliennes, concernant notamment Passerrotti ou Scarsellino.

Benjamin Couilleaux

Galerie Tarantino, 28, rue Saint-Georges, 75009 Paris. Horaires : de 10h00 à 20h00, du lundi au samedi, ou sur rendez-vous.
Tél : +33 (0)6 15 44 68 46. Mail : antoine_tarantino@yahoo.fr.

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