LETTRE D'INFORMATION
Chaque semaine,
soyez informé des nouveautés

ABONNEZ-VOUS

Catalogues livres d'histoire de l'art

LIVRES PROPOSES EN
PARTENARIAT AVEC
DESSIN ORIGINAL

 
Accueil
Editorial
Brèves
Expositions
Publications
Musées
Patrimoine
Débats
Acquisitions
Etudes
Artistes
Liens
Calendrier des expositions
Colloques
Courrier
Annonces
Archives
Nouvelles mises à jour
Contact
 
 



Un tableau de Benjamin West acquis par le Louvre  

Benjamin West - Phaëton sollicitant auprès d'Apollon la conduite du char du Soleil - Paris, Musée du Louvre
Benjamin West (1738-1820)
Phaëton sollicitant auprès d'Apollon la
conduite du char du Soleil
, 1804 (avant restauration)
Huile sur toile - 142 x 213 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Musée du Louvre

29/7/07Acquisition – Paris, Musée du Louvre Le Louvre, pauvre en peintures américaines, a décidé de mener dans ce domaine une politique volontariste d'acquisition. L'achat de son premier tableau de Benjamin West s'inscrit donc dans ce cadre, même si cet artiste peut aussi bien être considéré comme appartenant à l'école anglaise puisque l'essentiel de sa carrière se déroula à Londres à partir de 1763, après un séjour de trois ans en Italie.
   En 1792 il succéda à Reynolds dans son poste de président de la Royal Academy de Londres. Il y exposa en 1804 le Phaëton sollicitant auprès d'Apollon la conduite du char du Soleil que le musée vient d'acquérir auprès de la galerie de Richard Feigen.

   West utilisa un vocabulaire néoclassique combiné à une fougue déjà préromantique, comme en témoigne par exemple son Roi Lear (Boston, Museum of Fine Arts) qui date de 1788. De la même année, une grande toile de la collection de la Reine d'Angleterre, Edouard III traversant la Somme préfigure étrangement, un demi-siècle plus tôt, les peintures de la Galerie des Batailles à Versailles. Le Phaëton du Louvre est au contraire pleinement néoclassique par la composition en frise et le type physique des personnages. Guillaume Faroult nous a fait remarquer très justement que la figure d'Apollon est proche de celle de L'Apollon du Belvédère. Il souligne aussi que le séjour de West à Paris en 1802 lui a permis de voir les deux tableaux que Girodet montra au Salon cette année là : Les ombres des héros français reçus par Ossian qui peut avoir inspiré West pour les figures des Heures à l'arrière de la composition et l'Endymion qui peut avoir été une source pour la figure de Phaëton.

   L'histoire récente de ce tableau vaut d'être comptée, car elle illustre la manière dont les musées néerlandais - le fait est peu connu - pratiquent depuis quelques années une politique de « deaccessioning » comparable aux musées américains, ce qui est un cas à peu près unique en Europe, et une bien mauvaise action. En 2005, le Frans Hals Museum de Haarlem a donc décidé de se séparer de deux tableaux, ce Benjamin West et une toile de Michael Sweerts (La leçon de dessin, appelée aussi L'académie), sous prétexte que ces œuvres n'étaient pas cohérentes avec le reste de ses collection1 et qu'il lui fallait trouver un financement pour construire des réserves. Seul problème : le Benjamin West, qui n'avait jamais été exposé et dont les spécialistes de l'artiste ne connaissaient pas la localisation depuis le XIXe siècle, avait été acquis par l'institution dans des conditions mal identifiées. Le musée a donc dû négocier avec les héritiers de la dernière propriétaire et le prix de vente a été partagé entre les deux partis.

   Cet historique troublé semble avoir décidé le Louvre à ne pas en faire état, même si une recherche rapide sur Internet permet de connaître rapidement toute cette affaire. Il n'y a pourtant aucune honte à avoir acheté un tableau ayant été vendu par un musée ; bien au contraire, cela permet à celui-ci de demeurer dans une collection publique. Le scandale est bien celui du Musée de Haarlem qui s'est séparé d'un magnifique tableau2, qui plus est en le vendant à un marchand plutôt que de s'arranger pour qu'il soit acquis par un autre musée, ce qui aurait été un moindre mal.

1. Cette (mauvaise) raison rappelle celle donnée par l'Albright-Knox Art Gallery pour se débarasser de ses œuvres anciennes (voir notre éditorial du 17 novembre 2006).
Le tableau de Sweerts avait pourtant été le sujet d'une exposition dossier organisée par le musée en 2003. Il semble avoir été effectivement vendu, mais nous n'en avons pas trouvé confirmation.
2. Le tableau est ici photographié avant restauration ; il est « dans son jus » et dans un état très satisfaisant.

English version

Brève précédente - Brève suivante

Retour vers Nouvelles Brèves

Retour vers la page d'accueil