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Sainte Rufine de Velázquez en vente chez Sotheby's Londres

Diego Velázquez - Sainte Rufine - Vente Sotheby's Londres le 4 juillet 2007
Diego Velázquez (1599-1660)
Sainte Rufine
Huile sur toile - 77,2 x 64,6 cm
Vente Sotheby's Londres le 4 juillet 2007
Photo : Sotheby's Londres

12/6/07Marché de l'Art – Londres, Sotheby's Le second tableau majeur à passer aux enchères début juillet à Londres (voir brève du 12/6/07) est la Sainte Rufine de Diego Velázquez (ill.). Le tableau n'est certes pas inconnu puisqu'il a été vendu chez Christie's New York le 29 janvier 1999, où son actuel propriétaire l'a acquis pour la somme de 8,1 millions de dollars. Il n'en reste pas moins que la mise sur le marché d'un Vélázquez authentique est toujours un événement. Autrefois donné à Murillo, son attribution ne fait aujourd'hui plus de doute et est acceptée par tous les spécialistes, notamment Alfonso E. Pérez Sánchez. Seul Jonathan Brown, sans exclure formellement le nom du maître, pense qu'il peut également revenir à un des ses élèves, Juan Bautista Martínez del Mazo, dont on ne connaît aujourd'hui que deux tableaux.
   Cette toile est datée vers 1629-1630 par Pérez Sánchez, et plutôt vers 1632-1634 par Peter Cherry, qui la compare à Une Sybille des environs de 1631, conservée au Prado. Elle a également été rapprochée de la Femme à l'éventail (vers 1635) de la Wallace Collection. Quoi qu'il en soit, l'œuvre aurait donc été peinte après le départ de Séville pour Madrid, même si l'iconographie suggère qu'il puisse s'agir d'une commande en provenance de la cité natale de l'artiste. Rufine est, avec sa sœur sainte Juste, la sainte patronne de cette ville. Elles furent martyrisées, et Rufine décapitée, pour avoir refusé d’honorer l’image de Vénus. Les bols qu'elle porte sont dignes des natures mortes des œuvres de jeunesse.

   Rappelons que le Musée des Beaux-Arts de Séville ne conserve que trois tableaux de Vélázquez, dont une Tête d'Apôtre entrée récemment dans ses collections (voir brève du 19/1/07). L'association Velázquez pour Séville, soutenue par celle des Amis du Musée, a lancé une souscription afin de réunir les fonds nécessaires à l'achat de cette œuvre. Sans grand espoir compte tenu du prix qu'elle risque d'atteindre (elle est estimée 6 à 8 millions de livres). Ils en appellent à l'aide des pouvoirs publics, mais Carmen Calvo, Ministre de la Culture, a indiqué que l'Etat espagnol ne tenterait pas d'acquérir la toile pour Séville, affirmant que « tout ne peut pas être fait, et qu'un politicien honnête doit choisir » et soulignant qu'elle préfère consacrer ses moyens à protéger le patrimoine historique de la ville (agrandissement du musée, restauration de la Cathédrale et de l'église del Divino Salvador,...).

P.S. Le tableau a été acquis par la Fondation Focus-Abengoa (voir brève du 7/7/07)

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