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Lorenzo de Medicis : un portrait par Raphaël aux enchères chez Christie's Londres
Raffaello Sanzio, dit Raphaël (1483-1520)
Portrait de Lorenzo de Medicis, vers 1518
Huile sur toile - 97 x 79 cm
Vente Christie's-Londres le 5 juillet 2007
Photo : Christie's |
9/6/07– Marché de l'art – Londres, Christie's – La raréfaction des œuvres de premier plan sur le marché de l'art est une réalité. Mais à Londres, début juillet, cet appauvrissement semblera soudainement s'effacer. Deux tableaux anciens, présentés l'un par Christie's, l'autre par Sotheby's, devraient défrayer la chronique et, peut-être, battre quelques records. Nous y consacrerons successivement deux brèves.
La première toile dont nous parlerons sera mise en vente le 5 juillet chez Christie's. Il s'agit d'un Portrait de Lorenzo de Medicis de Raphaël, publié par Konrad Oberhuber dans le Burlington Magazine en 19721. Celui-ci souligne le rapport avec la France, émettant l'hypothèse, que reprend Jean-Pierre Cuzin2, que ce tableau aurait pu à la fois s'inspirer de portraits de cour tels que celui de Charles VII de Jean Fouquet, et influencer à son tour les Clouet. Ils le rapprochent notamment du Portrait de François Ier du Louvre dont la pose et le cadrage rappellent ceux du Lorenzo. Ce portrait officiel a peut-être été peint à l'occasion du mariage de Lorenzo, neveu du pape Léon X également portraituré par Raphaël, et de Madeleine de la Tour d'Auvergne, cousine de François Ier, en mai 1518 (ils eurent pour fille Catherine de Médicis).
Si l'attribution de cette œuvre a pu faire débat, elle est aujourd'hui largement acceptée par les spécialistes. Un inventaire de 1553 indique sa présence chez Côme de Médicis. Au XIXe siècle, elle appartint successivement à deux importantes collections, celle de Lord Northwick et de Hollingworth Magniac. Elle a été vendue deux fois aux enchères au XXe siècle, la première chez Christie's Londres en 1962, la seconde à New York chez Sotheby's en 1968, où elle fut adjugée au marchand d'art Ira Spanierman. Demeurée chez ce dernier, elle n'avait pas été présentée au public depuis cette date. Si les musées anglais devraient rester en dehors du jeu, faute de crédits et parce que la National Gallery a acheté un Raphaël il y a peu (voir brève du 14/2/04), nul doute que la bataille d'enchères sera rude : il serait surprenant que le Getty, candidat malheureux à l'achat de la Madone aux œillets, reste sur cette défaite.
1. Konrad Oberhuber, « Raphael and the state-portrait : II: the portrait of Lorenzo de'Medici », The Burlington Magazine, 1972, p. 436-443.
2. Jean-Pierre Cuzin, Raphaël Vie et œuvre, Paris, 1983, p. 229, repr. p. 231.
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