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Pierre Georgel réintégré dans ses fonctions

19/6/07 Paris, Musée de l'Orangerie Pierre Georgel, directeur du musée de l'Orangerie, avait été suspendu de ses fonctions le 8 février 2007, une mesure « conservatoire » prise sous prétexte qu'il aurait maintenu « les personnels du musée dans une situation de crainte à son égard ». D'après la Direction des musées de France, son départ s’imposait pour leur « éviter tout sentiment d’insécurité ». On était même allé jusqu'à faire saisir son ordinateur !
   Depuis cette date de très nombreux soutiens à Pierre Georgel se sont manifestés. D'abord par une lettre signée d'une grande partie du personnel du musée, apportant « un démenti solennel » à ces allégations. Ensuite par une pétition regroupant plus de 500 signatures du monde de la culture et des musées.

   Cette sanction - exceptionnelle - était injustifiée, ce qu'a reconnu le nouveau ministre de la Culture, Christine Albanel, en procédant à sa réintégration à la suite de l'audition de la commission paritaire du 8 juin, qui a siégé pendant 12 heures (!) pour se prononcer sur son sort. Lui-même, son avocat, et une représentante syndicale de la CGC ont dû faire face à de multiples accusations qui, selon le communiqué de la CGC, « le mettaient pratiquement en cause dans tous les aspects de sa vie professionnelle ». Ne restait plus à l'issue de cette journée, qu'un « coup de colère de Pierre Georgel, qui ne l’avait jamais nié et s’en était excusé. » Bien peu de choses en somme, sanctionné finalement par une « exclusion temporaire sans solde de quinze jours », permettant, comme le précise encore ce communiqué, « à l'administration de ne pas perdre la face ».

   Il apparaît clairement que cette affaire n'était qu'un règlement de comptes, qui visait une personnalité au franc-parler n'ayant pas l'habitude de subir sans protester des situations qu'il estimait anormales. Lors de l'inauguration de l'Orangerie, il lui avait été interdit par la directrice des musées de France de répondre aux journalistes (voir notre article), ce qu'il avait largement fait savoir en distribuant un papier expliquant la situation. Rappelons aussi qu'il avait signé la pétition contre le Louvre à Abu Dhabi et qu'il avait bataillé pour récupérer, pour l'exposition consacrée aux Peintres de la Réalité, un tableau du Louvre retenu par un conseiller de Matignon (voir brève du 23/11/06).

   Cette sanction n'était rien d'autre qu'une manifestation supplémentaire de l'incroyable chasse aux sorcières qui s'est déroulée dans le milieu des musées à la fin du règne du précédent ministre de la Culture (voir brève du 22/3/07 et du 28/4/07), mise en œuvre sans états d'âme par l'actuelle directrice des musées de France. On peut espérer que Christine Albanel mettra fin à ces pratiques. Le monde des musées a besoin d'un peu de liberté d'expression.

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