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Un modello d’Etienne Parrocel pour le Louvre
Etienne Parrocel (1696-1775)
La bienheureuse Jeanne de Valois
Huile sur toie - 63,5 x 36 cm
Paris, Musée du Louvre
Photographie avant restauration |
24/4/07 – Acquisition – Paris, Musée du Louvre – En 1742, Benoît XIV béatifia Jeanne de Valois et autorisa son culte. Fille de Louis XI, mariée à neuf ans au futur Louis XII, elle se montra très pieuse et charitable après l’annulation de ses noces et fonda plusieurs ordres. Une bienheureuse de sang royal se devait d’être honorée dans Saint-Louis-des-Français et la troisième chapelle sur le bas-côté droit, contiguë à celle de sainte Cécile décorée par Dominiquin, lui a été consacrée. Etienne Parrocel reçut la commande du tableau d’autel la représentant portée au ciel par les anges, traitée déjà presque comme une sainte (statut qu’elle n’obtiendra que deux cents ans plus tard). Au premier plan sont représentées les sœurs d'un des ordres qu'elle a fondés.
Si, de temps à autre, des peintures d’Etienne Parrocel réapparaissent sur le marché de l’art, le modello pour ce retable (ill), proposé cet hiver, dans son jus, par Arnaud Charvet dans sa galerie de la rue Sainte-Anne à Paris, s’imposait pour représenter l’artiste dans les collections du Louvre, à la fois par son rapport avec l’église française de Rome et parce qu’il présente un niveau de qualité que ne possèdent pas toute ses toiles, parfois trop scintillantes et un peu molles. L’absence du provençal était d’autant plus regrettable que le département des peintures expose à la fois plusieurs œuvres des membres de la dynastie Parrocel, un ensemble très complet de la création romaine du XVIIIe siècle, dont de nombreuse esquisses du «barrochetto» (voir la brève du 29/1/07), et un florilège des peintres français actifs à Rome : Vleughels, Subleyras, Vien, Natoire, Jean-François de Troy (esquisse pour la pala de l’église Saints Alexis et Boniface acquise en 2003, voir la brève du 1/9/03), jusqu’à évidemment Joseph Vernet, Hubert Robert, David, Drouais …Cette simple liste permet de comprendre la spécificité de Parrocel, qui est le seul à se convertir au baroque, quand les autres, dans cette ville, classicisent leurs manières.
Né à Avignon en 1696 où il fut formé par son oncle Pierre Parrocel (1670-1739), Etienne s’établit à Rome en 1717, et devint membre de l’Académie de Saint Luc en 1734. Essentiellement peintre religieux, il adopta le style pleinement rococo des élèves de Gaulli, et s’italianisa complètement, au point de signer « Stefano ». Dès la fin des années 1730, il reçut de nombreuses commandes pour les églises d’Ombrie et de sa Provence natale. A Rome, il peignit à la basilique Sainte-Praxède et la coupole de Santa Maria Maddalena. Il n'est pas simple de déterminer la place de cette esquisse dans les salles du Louvre. Parmi l’école française au second étage de la Cour Carrée, ou dans les petits cabinets de l’aile Denon consacrés à l’école romaine du XVIIIe siècle ?
Cet artiste intéresse de plus en plus les historiens et les musées. Sous l’autorité d’Olivier Michel, le musée Calvet prépare une manifestation autour des esquisses données par Marcel Puech ou entrées par achat (en 2000, La Trinité en gloire, esquisse pour la Maddalena à Rome, déjà citée). Marseille s’apprête à exposer les cent dessins du recueil acquis en 1993. En 1997, l’Association des amis des musées d’Amiens avait pourvu le Musée de Picardie d’une jolie petite toile et au dernier Salon du Dessin, le British Museum s’est laissé tenter par une de ses feuilles (voir la brève du 26/3/07). Mais, évidemment, sa présence sur les prestigieuses cimaises parisiennes lui donne désormais une réelle reconnaissance.
Michel de Piles
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