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La BnF et l'Agence internationale des musées de France
22/4/07 – Politique culturelle – Paris, Bibliothèque nationale de France – Dans sa volonté de passer en force avant les élections présidentielles, le Ministre de la Culture a été victime d'un « grain de sable », pour reprendre le terme employé par les syndicats de la Bibliothèque nationale de France. Cet établissement, comme d'autres, a en effet été sommé d'entrer, pour 20.000 €, dans le capital de la société France-Museums, le nom de l'Agence internationale des musées de France, chargée de la mise en œuvre du Louvre-Abu Dhabi et de tous les projets comparables qui pourraient être menés à l'avenir. Jean-Noël Jeanneney, qui n'était peut-être pas très chaud pour cette opération, a comme on le sait été débarqué il y a quelques jours au profit de Bruno Racine. Celui-ci avait donc convoqué le 20 avril, de toute urgence, un Conseil d'Administration afin d'entériner cette décision. Il répondait à un courrier de Francine Mariani-Ducray, datant de début avril, imposant de manière impérative à douze présidents d'établissement1 de « convoquer un conseil d'administration exceptionnel [...] d'ici le 19 avril prochain aux fins d'approuver leur participation au capital de la société ».
Pas de chance : la belle mécanique s'est enrayée car l'administration a négligé de faire venir ses partisans en nombre suffisant. Les représentants des syndicats (CFDT-CGT-FSU), après avoir fait une brève déclaration hostile à ce projet, sont immédiatement sortis, empêchant d'atteindre le quorum et repoussant d'autant la tenue de cette assemblée, ce qui peut contribuer à retarder le projet.
Dans un communiqué de presse publié aujourd'hui, les syndicats dénoncent : « la participation de la BnF à un projet contraignant un établissement public à payer un droit d'entrée dans une société commerciale dont la fonction première sera d'entrer dans une logique de marchandisation massive de la culture au bénéfice des plus riches au risque - sérieux - de fragilisation de pièces patrimoniales et de leur absence prolongée des collections nationales. »
Didier Rykner
1. Les établissements concernés sont, outre le Louvre : le Musée du Quai Branly, le Centre Pompidou, le Musée d'Orsay, Versailles, le Musée Guimet, le Musée Rodin, le domaine de Chambord, la RMN, l'Etablissement public de maîtrise d'ouvrage de travaux culturels et l'Ecole du Louvre (sur ce dernier établissement, voir la brève du 11 avril 2007).
P.S. Le Conseil d'Administration s'est finalement réuni à nouveau le 22 avril 2007 et a voté la participation de la BnF à « France Museums » (voir brève du 3/5/07)
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