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Le point sur les interdictions temporaires de sortie du Royaume-Uni

Karel van Mander - Crucifixion - Royaume-Uni, collection particulière
1. Karel van Mander (1548-1606)
Crucifixion
Huile sur panneau - 67 x 117,5 cm
Royaume-Uni, collection particulière
Photo : Service de presse

13/2/07 – Patrimoine – Royaume-Uni – Le système britannique permettant de conserver en Grande-Bretagne des œuvres considérées comme majeures pour le patrimoine présente trois différences majeures avec celui en vigueur en France :
- l'acquéreur peut être soit un musée, soit un particulier résidant au Royaume-Uni (en France, seul l'Etat peut acquérir, pour un musée),
- le délai est beaucoup plus court : deux mois, pouvant être étendu à cinq, alors qu'en France celui-ci est de 30 mois.
- la loi française sur les trésors nationaux permet aux sociétés mécènes d'acquérir les œuvres pour les offrir à un musée dans des conditions très avantageuses.

   Les deux derniers points rendent le système français beaucoup plus efficace, la plupart des trésors nationaux pouvant ainsi être acquis (le sort de la Fuite en Egypte que convoite Lyon étant cependant encore incertain - voir brève du 2/2/07).

   Nous rendons compte régulièrement, sur La Tribune de l'Art, des œuvres faisant l'objet d'une interdiction de sortie du Royaume-Uni. Voici ce que sont devenues celles dont nous avons parlé et dont nous n'avions pas précisé le sort :

- le Portrait de Louis XVI d'Antoine-François Callet (brève du 15/5/06) a été acquis par un philanthropic trust et est exposé à Waddesdon Manor près d'Aylesbury dans le Buckinghamshire,
- les tableaux de Michiel van Musscher (brève du 1/6/06), Naddo Ceccarelli et Luca Carlevarijs (brève du 15/5/06), Pietro di Francesco degli Orioli (brève du 25/9/05) et Hans Memling (brève du 18/9/04) n'ont pu être achetés par un musée ou un particulier britannique et sont sortis du Royaume-Uni,
- la demande d'exportation de l'album d'aquarelles de James Baillie Fraser (brève du 18/9/04) a été retirée.

   Force est donc de constater que le système britannique trouve ses limites, faute de budget. De très nombreuses œuvres considérées comme l'équivalent de nos trésors nationaux ne peuvent être acquis par les musées et sortent du territoire anglais, souvent pour être vendus aux Etats-Unis. Aucune demande n'a encoré été formulée pour le Portrait de Catrina Hooghsaet de Rembrandt que souhaite acheter le Rijksmuseum (voir brève du 25/1/07).

   Par ailleur, une peinture et une sculpture ont été récemment interdites de sortie. La première est une grande Crucifixion de Karel van Mander (ill. 1), le seul tableau de cet artiste présent dans les collections anglaises. Au même titre que Vasari (qu'il a connu à Florence) ou Sandrart, van Mander est davantage considéré comme historien que comme artiste. Auteur du Livre de la peinture publié en 1604, il est en effet une source indispensable pour la connaissance de la peinture nordique des XVe et XVIe siècles. Ayant travaillé à la cour de Rodolphe II, il s'installa ensuite à Haarlem où il côtoya Hendrick Goltzius et Cornelis van Haarlem. Son maniérisme se combine avec un archaïsme savoureux, dont témoigne cette Crucifixion nettement influencée par l'œuvre de Pieter Brueghel.

D'après Pierre II Legros - Marsyas - Royaume-Uni, collection particulière
2. D'après Pierre II Legros
(1666-1719)
Marsyas
Bronze - H. 62,2 cm
Royaume-Uni, collection particulière
Photo : Service de presse

   La sculpture est un bronze basé sur un modèle de Pierre II Legros, représentant Marsyas (ill. 2). Bien que français et formé par son père Pierre I Legros, qui fut notamment sculpteur à Versailles, Pierre II fit toute sa carrière à Rome où il devint l'un artistes les plus représentatifs de l'art baroque à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle. Ce Marsyas, attaché à un arbre dans l'attente d'être écorché vif par Apollon, rappelle l'art de Pierre Puget, en particulier le Saint Sébastien de l'église Santa Maria Assunta di Carignano à Gênes. Ce bronze, tout comme le Psautier Macclesfield provient de Shirburn Castle dans l'Oxfordshire (voir brèves du 8/9/04 et du 24/1/05). [ce bronze a finalement été acquis par le Liechtenstein Museum : voir brève du 21/10/07]

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