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Encore un nouvel achat d'un dessin de Goya par le Prado
Francisco de Goya y Lucientes (1746-1828)
Jeune femme arrangeant sa coiffure près d’un lit
Femme balayant dans une auberge
Pinceau, lavis d’encre de chine et lavis de gris -
17.2 x 10.1 cm
Madrid, Museo nacional del Prado
Photo : Sotheby’s New York |
8/2/07– Acquisition – Madrid, Museo del Prado – Un mois et demi après l’acquisition du Taureau papillon (voir brève du 8/12/06), le Musée du Prado a obtenu une autre dessin de Goya à la vente de Sotheby’s New York du 24 janvier dernier pour 1.048.000 dollars (819 000 €) (ill.).
Il appartenait à l’Album A1, dit album de Sánlucar, un petit carnet de poche commencé en juillet 1796 lors d’un séjour dans la propriété ainsi nommée de la Duchesse d’Albe, près de Cadix2. C’est un album privé, intimiste, spirituel, enlevé, bien éloigné de la noirceur des œuvres postérieures, qui présente à la fois des jeunes femmes du palais et de la ville. Il constitue un tournant dans l’œuvre graphique, avec l’utilisation pour la première fois de l’encre de chine, car jusque là, Goya n’avait fait des dessins au crayon et à la sanguine que dans le but de préparer des peintures.
Double face, la feuille montre au recto une Jeune femme arrangeant sa coiffure près d’un lit où se repose une autre femme (certains y ont vu la duchesse d’Albe) et au verso une Femme balayant dans une auberge andalouse avec un trophée de corrida et une cage à canari au mur.
Michel de Piles
1. Sur les albums de Goya voir la brève du 8/12/06. La provenance de ce dessin est assez classique : Javier Goya y Bayeu, 1828 ;
Mariano Goya y Goicoechea, 1854;,Valentin Carderera / Federico de Madrazo, 1855 - 1860 ;
Jules Boilly, Paris, sa vente à l’Hôtel Drouot, les 19-20 Mars 1869, puis collections Hyades à Bordeaux, Strölin à Paris, collections privées suisse puis parisienne.
Pierre Gassier and Juliet Wilson, Goya, His Life and Work, London 1971, p. 171 et 172, n°368 and 369.
Pierre Gassier, The Drawings of Goya, The Complete Albums, London 1973, p. 43, A.m 13 and A.n 14, reproduits p. 33-34.
2. On considère habituellement que l’été 1796 est celui où peut enfin s’afficher la romance, jusque là secrète, entre Cayetana d’Albe, veuve depuis peu, et Goya. Manuela Mena vient de publier, ces derniers jours, un essai qui dément toute liaison amoureuse entre eux, s’appuyant sur des correspondances inédites de la Duchesse très affectée par la mort de son mari (Manuela Mena : La duquesa de Alba "musa" de Goya. El mito y la Historia, éditeur El Viso). Il n’y aurait aucune liaison, ni sensuelle, ni même platonique, mais simplement des visites de courtoisie dues par le peintre à sa protectrice. L’auteur établit comment s’est forgée cette légende romantique et propose des explications rationnelles aux œuvres qui paraissent les plus équivoques (les nus, le Portrait de la duchesse d’Albe de 1797 de la Hispanic Society de New York). Son étude des bordereaux de compte du palais, notamment ceux concernant le matériel de gravures à l’eau forte lui permet de dater les débuts de la série des Caprices de 1794 et non pas de 1797-1798, comme cela est communément admis.
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