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Un tableau de Jean Tassel pour le Musée de l'Armée

Jean Tassel - Le duc d'Enghien reçoit la capitulation de Dunkerque en 1646 - Paris, Musée de l'Armée
Jean Tassel (1608-1667)
Le duc d'Enghien reçoit la capitulation
de Dunkerque en 1646

Huile sur toile - 239 x 285 cm
Paris, Musée de l'Armée
© musée de l'Armée - Paris

18/1/07Acquisition – Paris, Musée de l'Armée En se portant acquéreur d'une des compositions les plus séduisantes de Jean Tassel, peintre attachant mais parfois inégal, le Musée de l'Armée ramène en France un de ses chefs-d'œuvre.Conservé encore récemment dans une collection privée new yorkaise, il provenait à l'origine d'un château bourguignon1.
   De taille imposante, il figure le duc d'Enghien (qui allait devenir le Grand Condé) recevant la capitulation de Dunkerque, épisode qui prit place pendant les dernières années de la Guerre de Trente Ans (1618-1648).
   On comprend les raisons de cet achat : montrant un haut fait d'arme, cette toile avait naturellement sa place dans un bâtiment qui possède par ailleurs plusieurs ensembles décoratifs peints au XVIIe siècle, représentant des batailles2. Bien que non signée, l'attribution à Tassel, due à Arnauld Brejon de Lavergnée, est indiscutable. On y retrouve les types physiques très reconnaissables de ce peintre qui se montre proche ici d'artistes contemporains tels que Claude Vignon ou Juste d'Egmont. L'iconographie est complexe, et sans doute pas aussi simple à déchiffrer que ne le proposait Henri Ronot. Couronné par la Victoire, le duc d'Enghien se voit offrir le rameau d'olivier par la Paix (qui est privée ici de ses autres attributs mais est complétée par ceux des Arts qui jonchent le sol3). Les deux personnages agenouillés derrière elle sont sans doute espagnols, mais il s'agit de femmes et non d'hommes comme cet auteur le proposait4. Deux angelots, l'un roulant une sphère céleste, l'autre une sphère terrestre, renvoient à l'iconographie des triomphes romains et demande à être approfondie. Les circonstances de la création de ce tableau sont encore inconnues mais il s'agit probablement d'une commande consécutive à la visite du Grand Condé en Bourgogne en 16475.

1. Cette localisation est donnée par le Docteur Henri Ronot dans son ouvrage Richard et Jean Tassel. Peintres à Langres au XVIIe siècle, Paris, 1990. Le tableau est reproduit pl. XXXV et catalogué pp. 299-300 sous le numéro 109.
2. Voir l'article sur la restauration des peinturqs murales de Joseph Parrocel.
3. Au moins, semble-t-il, de l'Architecture (compas et équerre) et de la Musique (partition).
4. Le docteur Ronot parlait de "notables espagnols". Le dossier de presse, qui y voit également deux femmes, s'interroge aussi sur l'étrange couvre-chef de l'une d'entre elles, faisant l'hypothèse qu'il s'agit d'une coiffe dunkerquoise et souligne que l'étude iconographique de ce tableau doit être poursuivie.
5. Il s'agit d'une sorte d'équivalent français de certains des tableaux peints par de grands peintres espagnols (Zurbaran, Maino, Antonio de Pereda,...) pour le Salon du Buon Retiro.

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