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L'Ecole d'Apelle de Jean Broc, restaurée et exposée au Louvre

1. Jean Broc (1771-1850)
L'Ecole d'Apelle, 1800
Huile sur toile - 375 x 480 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN / Franck Raux
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30/1/07– Restauration – Paris, Musée du Louvre – Tableau mythique de l'histoire de la peinture française, L'Ecole d'Apelle de Jean Broc, qui vient d'être restauré, est présenté pour la première fois aux cimaises du Louvre, depuis son exposition au Salon en 1800.
Il s'agit en effet d'un véritable manifeste du groupe des élèves de David qui s'appelaient eux-même les Penseurs, les Primitifs ou les Barbus et qui souhaitaient retrouver la pureté de l'art grec en privilégiant la ligne et les couleurs posées en aplat au dépend du modelé. Ils préfiguraient ainsi, dans une intransigeance encore plus grande mais dans une forme picturale qui les en rappoche fortement, les Nazaréens allemands dont le groupe allait voir le jour quelques années plus tard à Rome. Comme eux, ils formaient d'ailleurs une sorte de secte (d'après le mot même de Delécluze1). Le théoricien était Maurice Quaï (dont on ne connaît aucune œuvre) et le mouvement comprenait notamment, outre Broc, les frères Joseph et Jean-Pierre Franque2.
2. Jean Broc (1771-1850)
L'Ecole d'Apelle, détail
Huile sur toile - 375 x 480 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : D. Rykner |
L'Ecole d'Apelle3 représente le célèbre peintre grec donnant la leçon à ses jeunes élèves, rappelant un cénacle philosophique antique (il se démarque ainsi du sujet traditionnel galant d'Apelle séduisant Campaspe). La composition rappelle, bien entendu, Raphaël, jusqu'au titre même qui fait référence à l'Ecole d'Athènes, fresque qui marque la césure entre le Raphaël du Quattrocento ombrien et celui de la Renaissance classique.
Exposé à côté des Sabines de David, ce tableau montre également tout ce que Broc doit à son maître dans le dessin des nus. Certaines têtes sont proches d'autres élèves de ce dernier, comme Girodet. On admirera les détails (ill. 2) qui montrent une grande qualité d'invention.
Ingres recueillera l'héritage de cette tendance comme le montre le Romulus vainqueur d'Acron d'Ingres (de douze ans postérieur et accroché à proximité), aux mêmes couleurs pâles rappelant la fresque4.
De Broc, on connaissait surtout la Mort d'Hyacinthe (1801) du Musée de Poitiers, maintes fois exposée, où l'on retrouve cette même tendance à l'archaïsme. Un grand tableau d'église tardif (Salon de 1833) Les Envoyés de Dieu, est récemment réapparu5, (Yvré l'Evêque, église) et Versailles conserve La Mort du général Desaix à la bataille de Marengo montré au Salon de 1806.
L'Ecole d'Apelle fera l'objet du prochain tableau du mois et sera présenté jusqu'au 5 mars, salle 75, peinture française, aile Denon, 1er étage. Fort heureusement, il devrait par la suite être réaccroché de manière définitive (mais en hauteur) dans ces salles qui se prêtent fort bien, par leur dimension et par les tableaux qui y sont conservés, à l'évocation, grâce à un accrochage serré, des Salons de peinture qui se tenaient dans ces murs au début du XIXe siècle.
1. Louis Delécluze, David, son école et son temps, souvenirs, Paris, 1855, p. 71.
2. A propos de Jean-Pierre Franque, voir la brève Plusieurs tableaux du XIXe siècle, rarement vus, exposés au Louvre (4/3/06).
3. L'iconographie complexe de l'école d'Apelle a été étudiée dans : Georges Lévitine, « L'Ecole d'Apelle de Jean Broc : un "Primitif" au Salon de l'An VIII », Gazette des Beaux-Arts, novembre 1972, pp. 285-294 (nous n'avons pu consulter cet article pour écrire cette brève). Notons aussi qu'un film consacré à ce tableau a été co-produit par le Louvre et la chaîne Histoire : L'Ombre et la Main, réalisé par Laurence Garret.
4. Le Ingres est peint à la dérempe tandis que le tableau de Broc est réalisé à l'huile.
5. Cf. Simone Velter, « Le chef-d'œuvre de Jean Broc retrouvé dans la Sarthe », Revue de l'Art, n° 128 / 2000-2, pp. 70-73.
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