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Nouveaux Fabre et autres acquisitions récentes de Montpellier
1. François-Xavier Fabre (1766-1837)
Ulysse reconnu par sa nourrice
Huile sur toile - 100,5 x 148 cm
Montpellier , Musée Fabre
Photo : Frédéric Jaulmes /
Musée Fabre, Montpellier Agglomération |
15/12/07 – Acquisitions – Montpellier, Musée Fabre – Dans les années 1980-1990, plusieurs importants musées anglo-saxons ont acquis les quelques beaux Fabre apparus sur le marché de l’art. Depuis sa nomination à la tête du musée Fabre, Michel Hilaire a fait entrer dans ses collections près d’une dizaine d’œuvres de cet élève de David, comme on peut le constater en visitant l’actuelle exposition consacrée au fondateur de l’établissement. Nous avons été amené régulièrement à évoquer la remarquable et stimulante politique d’acquisitions de l’agglomération de Montpellier, dont la diversité, tant dans l’art ancien que moderne, est propre à servir d’exemple à d’autres villes de province1. Il y a un an, elle a pu négocier sur le marché d'art international une toile importante du début du séjour italien de l’artiste, Ulysse et sa nourrice (ill. 1), jusqu’alors non localisée (mais connue par la gravure et une esquisse). Elle a ensuite emporté aux enchères chez Christie’s New York, le 25 janvier 2007, une Etude pour le groupe d'Achimelech et ses fils (ill. 2), dessin préparatoire à la Vision de Saül (Musée Fabre, 1803), pour 16800 dollars, soit 13000 euros.
2. François-Xavier Fabre (1766-1837)
Achimelech et ses fils, 1795
Pierre noire, plume et encre brune, lavis d'encre brune -
18,5 x 23,4 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Christie’s |
3. François-Xavier Fabre (1766-1837)
Portrait du jeune Edgar Clarke, 1802
Huile sur toile, 144,8 x 103 cm
Montpellier , Musée Fabre
Photo : Sotheby’s |
Cependant, la réussite la plus spectaculaire concerne l’achat du Portrait du jeune Edgar Clarke de Feltre (ill. 3), réalisé grâce au mécénat de Rambier Immobilier, à Sotheby’s New York le 8 juin dernier pour 336 000 dollars (soit 250 400 euros). Agé de trois ans, le fils aîné du chargé d’affaires de la France à Florence est représenté dans un sous-bois courant après un papillon. Les fleurs, les végétaux, les drapés sont traités avec le fini porcelainé de l’école hollandaise. Proposé par la galerie Brame et Lorenceau à Paris au début des années 1980, partie dans la collection de Stephen Hilbert à Manhattan, ce chef-d’œuvre resta quelques temps sur le marché de l’art2. Son rapatriement en France constitue un enrichissement majeur pour les collections nationales puisqu’il rejoint le portrait de son père, en pieds, conservé à Nantes, et celui de sa mère entourée de ses enfants en habits de carnaval du musée Marmottan à Paris (1810). Comme au Salon de 1810, les trois peintures sont réunies dans la rétrospective actuelle, et en constituent l’un des moments forts. Face à elles sont exposés d’autres effigies très touchantes d’enfants venant du musée Čiurlionis de Kaunas ; la comparaison avec les portraits du jeune Trioson par Girodet apparait, à ce moment-là du parcours, inévitable.

4. François-Xavier Fabre (1766-1837)
Ulysse et Néoptolème enlevant à
Philoctète les flèches d'Hercule, 1800
Huile sur toile, 289 x 463 cm
Montpellier , Musée Fabre
© CICRP
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5. François-Xavier Fabre (1766-1837)
Ulysse et Néoptolème enlevant à
Philoctète les flèches d'Hercule, 1800
Huile sur toile - 28 x 44 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Frédéric Jaulmes /
Musée Fabre, Montpellier Agglomération |
Last but not least, l’institution a obtenu du Louvre le dépôt d’un grand format, Ulysse et Néoptolème enlèvent à Philoctète les flèches d’Hercule (ill. 4) peint en 1800 pour Lord Bristol. L'Etat l’a acheté en 1826, pour 4000 francs, et l’a envoyé ensuite à l’Ambassade de France auprès du Saint-Siège. Revenu à Paris en 1980, il était resté roulé sûrement à cause de sa taille monumentale (on n’en possédait même pas de reproduction en couleur). Restaurée par le CICRP à Marseille, nettoyée, la toile est l’une des révélations de la manifestation et étincelle par sa gamme colorée limpide sous le ciel bleu de la légende classique, trouvant sa place légitime à Montpellier, à coté de son esquisse donnée par la banque espagnole Banco Bilbao Vizcaya Argentina, il ya deux ans3 (ill. 5). L’exposition, très bien conçue, est une bonne surprise ; elle révèle un artiste de premier plan, à peine un peu en deçà du génie de son rival et ami Girodet, bien plus varié et plus fort qu’on l’attendait. Un artiste majeur désormais représenté de façon complète chez lui, mais qui devra figurer un jour par une œuvre personnelle dans les salles du Louvre, si celui-ci souhaite réellement faire figure de dictionnaire complet de la peinture française. A condition aussi que le «boulimique» musée de Montpellier lui en laisse l’opportunité…
Michel de Piles
L’exposition François-Xavier Fabre à lieu au Musée Fabre à Montpellier du 14 novembre 2007 au 24 février 2008, et à Turin du 11 mars au 1er juin 2008 à la Galleria d'Arte
Moderna e contemporanea.
Voici quelques-unes des acquisitions réalisées ces dernières années par le Musée Fabre et n’ayant pas encore été mentionnées sur La Tribune de l’Art :
- Une Madeleine pénitente de Jacques Blanchard (1600-1638), acquise en 2005.
- Un dessin préparatoire d’Antoine Coypel pour le personnage d’Anchise dans la Descente d'Enée aux enfers de l'ancien décor du Palais Royal (ill. 6). Il est lié au fait que le musée de Montpellier possède désormais trois grandes toiles provenant de ce décor (la restauration de la Descente d'Enée aux enfers, en très mauvais état, qui appartient au Louvre et pourrait être déposée à Montpellier, s'avère complexe). Le dessin a été acquis à Christie's Paris, le 27 mars 2003 (adjugé 1500 euros).
6. Antoine Coypel (1661-1722)
Etude pour Anchise, 1716
Pierre noire et estompe, sanguine,
rehauts de blanc - 22,9 x 12,3 cm
Montpellier , Musée Fabre
Photo : Frédéric Jaulmes /
Musée Fabre, Montpellier Agglomération |
- Deux dessins de Joseph-Benoît Suvée (1743-1807) préparatoires à La Naissance de la Vierge, le premier acheté à la Galerie Ladrière à Paris en 2006, le second acquis en 2007 directement d'une collection particulière.
- Une Vue de San Vito près de Subiaco de Nicolas-Didier Boguet (ill. 7) acquise en 2004 de la galerie La Scala à Paris.
7. Nicolas-Didier Boguet (1755-1839
Vue de San Vito, près de Subiaco, 1823
Détrempe sur toile - 79 x 131 cm
Montpellier , Musée Fabre
Photo : Frédéric Jaulmes /
Musée Fabre, Montpellier Agglomération |
- La Mort d’Hippolyte de Joseph Désiré Court (ill. 8), probablement une esquisse pour le tableau exposé au Salon de 1827.
8. Joseph Désiré Court (1797-1865)
La Mort d'Hippolyte, 1825
Huile sur toile - 35 x 46 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Frédéric Jaulmes /
Musée Fabre, Montpellier Agglomération |
- un dessin du montpelliérain Ernest Michel (1833-1902), prix de Rome en 1860, représentant un homme nu, acquis en 2002 (mine de plomb ; 45 x 30 cm), préparatoire pour Le Savoir triomphant de l'Ignorance.
- Crépuscule à Palavas du peintre montpelliérain Jean-Pierre Monseret (ill. 9) cédé par la galerie Laura Pécheur en 2004.
9. Jean-Pierre Monseret (1813-1888)
Crépuscule à Palavas, 1885
Huile sur toile - 35 x 54,8 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Frédéric Jaulmes /
Musée Fabre, Montpellier Agglomération |
- un dessin de Dominique Papety représentant Jugurtha dans sa prison (ill. 10) auprès de la galerie Patrice Salet à Saint-Ouen fin 2005, qui vient compléter l’importante série d’aquarelles religieuses de la donation Sabatier de cet élève d’Ingres originaire de Marseille.

10. Dominique Papety (1815-1849)
Jugurtha
Crayon - 35 x 25 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : D. Rykner
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- L’Ange et l’Enfant d’Octave Tassaert, acquis d’une collection privée en 2006 (voir brève du 12/7/07) dont nous donnons ici une reproduction après restauration (ill. 11). Cette toile – ou une réplique – est celle qui se trouve sur le chevalet du peintre dans le tableau Bruyas dans l’atelier de Tassaert déjà conservé à Montpellier et donné par Bruyas lui-même. Elle illustre un poème du poète-boulanger nîmois Jean Reboul4.
11. Octave Tassaert (1800-1874)
L'Ange et l'Enfant
Huile sur toile collé sur bois (après restauration) - 57 x 41,2 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : D. Rykner |
- Deux tableaux de Frédéric Bazille : Fleurs (ill. 12) et Ruth et Booz (ill. 13) acquis en 2004 comptent parmi les plus importants enrichissements. Ils proviennent de la famille, le premier via la vente PIASA (Paris-Hôtel Drouot) du 21 juin 2006, où le musée avait pu acheter deux autres peintures de cet artiste, La Petite chanteuse des rues et un Homme nu couché dans l'herbe (voir article sur la réouverture).
12. Frédéric Bazille (1841-1870)
Fleurs
Huile sur toile - 62,5 x 48 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Frédéric Jaulmes /
Musée Fabre, Montpellier Agglomération |
13. Frédéric Bazille (1841-1870)
Ruth et Booz
Huile sur toile - 138 x 202 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Frédéric Jaulmes /
Musée Fabre, Montpellier Agglomération |
- Eugène-Ernest Hillemacher : Clotilde de Surville, une grande huile sur toile (ill. 14) datée de 1853 et exposée au Salon la même année, acquise en vente publique à Lille (Etude Mercier) le 12 juin 2005.

13. Eugène-Ernest Hillemacher (1818-1887)
Clotilde de Surville, Salon de 1853
Huile sur toile - 259 x 187 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Frédéric Jaulmes /
Musée Fabre, Montpellier Agglomération
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Hors des limites chronologiques de La Tribune de l'Art, il faut signaler la très médiatisée donation Soulages, des achats d'œuvres de Jean Hugo et de Simon Hantaï ; l'achat par la société des amis du musée en 2006, suite à une souscription, d'une sculpture en bronze de Germaine Richier, L'Araignée, tandis qu’un paysage de Joseph Sima, légué au MNAM en 2007 avec obligation de dépôt au Musée Fabre est déjà sur les cimaises ; des œuvres sont en prêt de collections privées (Joan Mitchell, Judith Reigl,...)
1. Le musée Fabre qui achète des œuvres très importantes à des prix internationaux, aux enchères comme chez les marchands, en France ou à l'étranger, est aussi capable d'acquérir des objets intéressants en rapport avec sa collection, pour quelques milliers d'euros.
2. Le tableau est passé en vente publique le 24 janvier 2003, sans trouver preneur. Le musée Fabre a pu profiter en juin dernier de la réputation de tableau « grillé », ce qui ne diminue évidemment en rien sa qualité. Il est intéressant de noter, pour l’histoire du goût, que la somme payée par le musée Fabre est sensiblement le même que celle demandée par la galerie parisienne en 1986 ! Sans parler de l’inflation sur 20 ans, on imagine de combien aurait progressé la valeur d’un Picasso, d’un Schiele, ou d’un David payé 250 000 euros en 1986 !
3. Cette esquisse est passée en vente publique à Paris, Hôtel Drouot, Etude Beaussant-Lefèvre, le 17 décembre 2000, puis sur le marché d’art américain.
4. Bruno Foucart et Didier Rykner, « L'Ange et l'Enfant, iconographie d'un thème romantique sous l'inspiration de Jean Reboul », Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art français, Année 2003, p. 257-282.
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Articles précédents consacrés aux acquisitions du musée Fabre de Montpellier :
La réouverture du Musée Fabre (8/2/2007)
Un nouveau tableau de Fabre pour Montpellier (25/6/05)
Un buste d'Augustin Pajou préempté par le Musée Fabre de Montpellier (23/6/05)
Acquisition à New York, par le Musée Fabre de Montpellier, d'un panneau peint, élément d'un retable du XIVe siècle de l'Ecole de Rimini (23/1/04)
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