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De nouveaux tableaux de Mengs pour Madrid

1. Anton Raphael Mengs (1728-1779)
L'Immaculée Conception
Huile sur toile - 63,5 x 58,3 cm
Madrid, Palacio Real
Photo : Patrimonio Nacional
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22/11/07 – Acquisitions – Madrid, Palais Royal et Musée du Prado – Dans son livre sur Anton Raphaël Mengs de 1780, l’historien et homme politique Jose Nicolás de Azara nous apprend que, des neuf peintures qui décoraient la « chambre » de Charles III au Palais Royal, le monarque préférait l’Immaculée Conception du peintre d’origine allemande, et la faisait suivre dans la plupart de ses déplacements1. Aliénée à l’époque de Joseph Bonaparte, et non récupérée à la fin de la guerre d’Indépendance, la toile n’était plus localisée. Retrouvée dans une collection privée anglaise, elle a pu être obtenue par le Patrimonio Nacional auprès de Sotheby’s pour 412 640 euros (ill. 1). Par son format moyen, sa représentation à mi-corps, reprenant le classicisme et la tradition bolonaise de Guido Reni, elle constituait une antithèse évidente au rococo, notamment à l’interprétation contemporaine de ce sujet par Giambattista Tiepolo (Musée du Prado, vers 1767).
2. Mariano Salvador Maella (1739-1819)
Junon demande à Eole de faire
souffler les vents contre Enée
Huile sur toile - 127 x 90 cm
Madrid, Palacio Real
Photo : D. Rykner |
Le Palais Royal est déjà en lui-même un petit musée Mengs tant pour les plafonds des salles d’apparat et les portraits qui y sont accrochés que pour la série sur la Passion du Christ et plusieurs esquisses, conservées à la pinacothèque royale. Son budget d’acquisition est de 500 000 euros par an, utilisé pour acheter des œuvres en rapport avec la Couronne d’Espagne. Parmi les enrichissements récents, citons un fragment d’une tapisserie ayant appartenu à Isabelle la Catholique, d’autres tapisseries provenant du lit de Charles III, ainsi que le bozzetto de Mariano Salvador Maella pour le plafond de l'antichambre de la reine Maria Luisa (1769, actuelle Salle du Billard), représentant Junon demande à Eole de faire souffler les vents contre Enée (ill. 2)2. Un musée des collections royales est en cours d’aménagement sur cinq niveaux, sous la responsabilité du cabinet d’architectes Tuñón-Mansilla, dans l’aile sud-est du palais ; il devrait ouvrir en 2012. Le château organise également des expositions, comme celle consacrée actuellement au «goût à la grecque» au XVIIIe siècle et sa diffusion depuis la France3.
3. Anton Raphael Mengs (1728-1779)
Portrait de l’abbé Joaquín de Eleta
Huile sur toile - 61 x 48 cm
Madrid, Museo del Prado
Photo : Prado |
Cette brève est l’occasion pour de revenir sur l’entrée récente d’un émouvant tableau de Mengs dans les collections madrilènes, le Portrait de l’abbé Joaquín de Eleta (ill. 4), acheté par le Prado en 2005. Il dévoile un aspect inhabituel de l’artiste, capable ici d’une attention psychologique, d’une tendresse envers le modèle et d’une sobriété de moyens inattendue, d’un esprit très différent des portraits majestueux qui y étaient déjà conservés.
Michel de Piles
1. Don Joseph Nicolás de Azara, Obras de Antonio Rafael Mengs primer pintor de cámara del rey, Madrid, Imprenta Real de la Gazeta,1780. Azara connaissait fort bien l’œuvre, puisqu’il en possédait une version similaire, entrée au Musée du Louvre grâce à la donation Lemme de 1997, qui diffère par des tons plus pâles, le manteau étant blanc au lieu de bleu.
2. Ce tableau est passé en vente chez Christie’s Londres, le 5 juillet 1995, lot 317, comme attribué à Alexandre Ubelesqui (1649-1718), proposition due à Antoine Schapper qui avait été consulté, ce qui en dit long sur la permanence de l’esthétique versaillaise dans la grande décoration palatiale baroque … Le plafond est actuellement caché par un décor plus tardif. Le dessin préparatoire de Maella a été acquis en 2007 par le Musée du Louvre.
3. Exposition réalisée en collaboration avec le Musée du Louvre, du 24 octobre 2007 à janvier 2008. L’année 2008 sera consacrée à des manifestations sur le bicentenaire de la Guerre d’Indépendance et du soulèvement contre la France. La source principale de cet article est la conférence de presse donnée le 9 octobre par le président du Patrimonio Nacional, Yago Pico de Coaña.
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