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La Dame à l'hermine de Léonard de Vinci photographiée par la caméra multispectrale
1. Léonard de Vinci (1452-1519)
La Dame à l'hermine
Huile sur panneau - 54 x 39 cm
Cracovie, Czartoryski Muzeum
Après restauration virtuelle par
Lumière Technology |
13/11/07 – Etude d'œuvre – Cracovie, Czartoryski Muzeum – A l'occasion de leur intervention au musée des Beaux-Arts de Lille, nous avions expliqué tout ce que la caméra multispectrale développée par Lumière Technology pouvait apporter aux historiens de l'art et aux restaurateurs (voir l'article). C'est à Cracovie que cette société a pu photographier au début du mois de septembre 2007, après la Joconde, un deuxième tableau de Léonard de Vinci, la célèbre Dame à l'hermine exposée au musée Czartoryski.
Lundi 12 novembre, les résultats des analyses faites à la suite de cette numérisation étaient présentés devant la presse et le public polonais qui se pressait en foule dans une salle qui s'avérait rapidement trop petite. Plus de deux cent personnes, dont beaucoup venaient spécialement de Varsovie, ont assisté à cette conférence (ill. 2). Le Consul Général de France à Cracovie qui représentait l'Ambassadeur de France était présent. Il faut en effet souligner que cet événement, qui faisait aujourd'hui tous les grands titres des journaux polonais, était organisé grâce à une technologie française dont l'intérêt ne peut plus échapper à personne.
2. Présentation des résultats de la photographie
multispectrale de La Dame à l'hermine par Pascal Cotte
à Cracovie le 13 novembre 2007
Photo : D. Rykner |
Cette technologie n'a bien sûr pas pour objectif de remplacer les connaissances et l'œil des spécialistes, mais bien de leur apporter une aide supplémentaire et inestimable. Celui qui se penchait sur la Dame à l'Hermine, pour expliquer les résultats, est également français puisqu'il s'agissait de Jacques Franck, expert de la technique picturale de Léonard de Vinci1. Grâce à ses conclusions, que nous résumons ci-dessous, et sous sa direction, Pascal Cotte, de Lumière Technology a procédé à une restauration virtuelle du tableau. Une image donnant l'aspect que pourrait avoir l'œuvre après une éventuelle restauration a ainsi été créée (ill. 1). Il s'agit d'une proposition qui devrait être discutée par un comité international dans l'hypothèse où une restauration serait décidée (voir notre interview du Prince Czartoryski)
On soupçonnait que le fond noir uniforme n'était pas de la main de Léonard de Vinci. L'analyse l'a confirmé et a permis de retrouver par endroits la couleur du fond initial, sous ce grand repeint : il s'agissait d'un bleu-gris modulé différemment de gauche à droite du tableau, ce qui permettait de donner une impression de profondeur. Dans son état actuel, le fond noir débordant cache la subtilité de la transition au niveau des contours, en particulier sur la partie éclairée du visage et sur la courbe de l'épaule gauche. Cette absence de nuances, due aux repeints, avait pu faire douter un temps certains historiens de l'autographie du tableau. Ces passages abrupts ont pu être atténués grâce aux retouches numériques.
Si l'œuvre, abstraction faite de ce fond noir, est en bon état général, on constate cependant de multituples repeints ponctuels, qu'il a été possible d'enlever informatiquement. Dans la zone inférieure notamment, ainsi que sur la coiffe ou sur la main droite, leur disparition a permis de redonner - virtuellement - toute sa fraîcheur au portrait. L'hermine a retrouvé son pelage blanc.
Si l'on savait déjà que des empreintes digitales étaient discernables dans le décolleté, l'analyse spectrale a permis de comprendre que celles-ci n'étaient pas accidentelles, mais résultaient bien de l'utilisation de ses doigts par Léonard pour obtenir les effets qu'il souhaitait.
3. Comparaison de l'original de La Dame à
l'hermine de Léonard de Vinci avec sa
restauration virtuelle, au
Czartoryski Muzeum
par Jacques Franck (à droite, Jean Pénicaut
et Pasal Cotte) le 13 novembre 2007
Photo : D. Rykner
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L'image obtenue est donc une restauration virtuelle dont Jacques Franck indique cependant que, bien qu'établie à partir d'observations matérielles précises, elle reste celle d'un support de réflexion ; seuls des essais de nettoyage sur l'œuvre elle-même pourrait montrer qu'une restauration réelle aboutirait à un état comparable. Il reste qu'on voit ici une des nombreuses applications possibles de la caméra multispectrale, comme aide à la décision pour les restaurateurs. En admettant que la restauration de la Dame à l'hermine s'avère trop complexe ou trop incertaine, on aura au moins obtenu une image plus proche de l'état d'origine et qui permet de mieux comprendre l'œuvre. Ceci était évident au musée lui-même ou quelques journalistes se retrouvaient après cette présentation. La comparaison entre l'œuvre originale et sa restauration virtuelle est passionnante (ill. 3). A la fin du mois de novembre, et pour deux mois, une exposition sera organisée qui présentera l'ensemble des photos prises, de l'infra-rouge à l'ultra-violet, non seulement du tableau de Léonard, mais aussi du sublime paysage de Rembrandt et de quelques autres tableaux du musée, eux-aussi photographiés à cette occasion par Lumière Technology.
1. Jacques Franck est notamment consultant permanent du Armand Hammer Center for Leonardo Studies à l'Université de Californie, dirigé par le professeur Carlo Pedretti, le grand spécialiste de Léonard de Vinci.
Lien vers le site de Lumière Technology
Lien vers le site du Czartoryski Muzeum
Lien vers le site de la Fondation Czartoryski
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