| Récentes acquisitions de sculptures du Louvre
7/1/06 - Acquisitions - Paris, Louvre - Au delà des acquisitions spectaculaires comme le buste de Messerschmidt (voir brève du 27/1/05) ou la Vestale de Houdon (voir brève du 24/3/05), le département des sculptures mène une politique très diversifiée qui lui a permis de s'enrichir récemment de plusieurs œuvres remarquables. Certaines ont déjà fait l'objet d'articles ici-même : un bronze d'Edouard Gatteaux (brève du 8/5/04) ou le projet de Monument funéraire d'Augustin Pajou (brève du 27/12/04). Nous classons les autres ici par ordre chronologique d'exécution.
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1. Sud de la Souabe, vers 1520
Scènes des martyres de sainte Catherine et sainte Barbe
Tilleul - 103 x 53 x 4 cm (chaque panneau)
Paris, Musée du Louvre
© Musée du Louvre |
- Deux panneaux du Sud de la Souabe, datés des environs de 1520 et représentant des scènes de martyre (sainte Catherine et sainte Barbe ; ill. 1). Ces reliefs se rattachent à la production des années 1515-1525 en Haute Souabe et ont conservé leur polychromie originale1.
2. Florence, vers 1500
Saint Jérôme
Terre cuite
Paris, Musée du Louvre
Photo : D. Rykner |
- Un Saint Jérôme de l'école florentine (ill. 1) : cette terre cuite (qui avait appartenu au marchand François Heim) a été acquise auprès de la galerie Ladrière et fait actuellement l'objet d'une petite exposition-dossier dans la salle d'actualité du département des sculptures2. Elle s'apparente, par son style et sa technique, à un ensemble de statuettes exécutées à Florence autour de 1500. Deux Saint Jérôme faisant partie de ce groupe, l'un conservé au musée Horne de Florence, l'autre à Berlin (Staatliche Museen), peuvent lui être comparés. L'attitude du saint est semblable, le bras droit manquant devait être replié sur la poitrine, en signe de contrition.
- Une statuette de Louis XIV en pied, par Gilles Guérin, en terre cuite, qui vient juste d'être acquise par le musée auprès de la galerie de Bayser et dont nous n'avons malheureusement pas de photo pour l'instant. Il s'agit d'un modèle pour la statue destinée à l'Hôtel de Ville de Paris mise en place en 1654. Guérin a notamment travaillé au château de Maisons, à Fontainebleau, au Louvre et à Versailles.
3. Laurent Delvaux
L'Eté et l'Automne
Terre cuite - 39 x 23 x 28 cm
Paris, Musée du Louvre
© Musée du Louvre/P. Philibert |
- Un groupe en terre cuite représentant L'Eté et l'Automne, par Laurent Delvaux (1696-1778), donné en 2005 par Bernard Black en l'honneur de Jugues W. Nadeau3. Originaire de Gand, l'artiste étudia à Anvers, puis fut actif à Londres et en Italie avant d'être nommé sculpteur de la Cour de Bruxelles en 1733.
Ce groupe est le modèle d'un marbre exécuté pour le parc du château de Tervuren, près de Bruxelles, aujourd'hui perdu.
Delvaux est maintenant bien représenté au Louvre puisque le musée s'était déjà enrichi, ces vingt dernières années, de deux œuvres : une Nativité, bas relief ovale en terre cuite acquis en 1988 et un marbre représentant Samson et le Lion, fortement inspiré du David du Bernin à la Galerie Borghese, acheté en 1986.
4. Giuseppe Sanmartino
L'Eté et l'Automne
Terre cuite - H. 32 cm
Paris, Musée du Louvre
© Musée du Louvre/P. Philibert |
- Une œuvre de Giuseppe Sanmartino (vers 1720-1793), la première à entrer dans les collections du musée 4 a été achetée en 2005 auprès d'Alex Wengraf Ltd à Londres. Proche du groupe précédent par le sujet, sinon par le traitement, il s'agit d'un bozzetto en terre cuite préparatoire pour une sculpture du maître-autel de la chiesa del Divino Amore ensuite transféré à la Nunziatella à Naples en 1860 où il est toujours en place.
Sanmartino est surtout connu pour son célèbre Christ voilé de la chapelle Sansevero di Sangro, dont le réalisme des plis du linceul est inspiré par la technique de son maître Antonio Corradini (dont le Louvre possède la Foi)
- Un buste en marbre d'Etienne Gois (ill. 5), La Douleur, acheté en 2004. Il provient de la collection de sculptures d'Edmond Courty, dispersée à l'Hôtel Drouot le 9 décembre 2002 à l'Hôtel Drouot, dont plusieurs avaient déjà été acquises par le Louvre5.
5. Etienne Gois
La Douleur, 1764
Marbre - 58 x 29 x 25 cm
Paris, Musée du Louvre
© Musée du Louvre/P. Philibert |
Etienne Pierre Gois (1731-1826), qui ne doit pas être confondu avec son fils, Edme Etienne Gois (1765-1836), fut élève de Michel-Ange Slodtz et obtint le Prix de Rome en 1757. Ce buste6 fut exécuté en 1764, à la fin de son séjour à l'Académie de France, et exposé en 1767 au Salon où il obtint un grand succès. Typique de l'enseignement académique depuis Le Brun, la « tête d'expression » est un genre qui se poursuivra pendant tout le XIXe siècle. Le Louvre possédait déjà de l'artiste un modèle en terre cuite, La Justice et une sculpture de la série des Grands Hommes, Mathieu Molé.
5. Henri-Victor Roguier
Abraham Duquesne, 1816
Terre cuite
Paris, Musée du Louvre
© Musée du Louvre/P. Philibert
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- Une terre cuite de Henri Victor Roguier (1758-1830 ?), acquise en 2004, qui a fait l'objet en 2005 d'une présentation dans la salle d'actualité du département des sculptures7. Il s'agit d'une maquette pour une des statues du Pont de la Concorde à Paris, installées en 1829 et 1830. Elle vient rejoindre dans les collections du Louvre le Bailli de Suffren de Jacques Philippe Lesueur (1757-1830), esquisse pour une effigie qui faisait partie de la même commande. Les douze statues, qui représentaient quatre ministres, quatre généraux et quatre amiraux, furent déposées en1836. Le Duquesne a été détruit pendant la dernière guerre.
Roguier, élève de Simon-Louis Boizot, est un artiste obscur. La Statue de Duquesne, dont le plâtre fut exposé au Salon de 1817, est son œuvre la mieux documentée.
6. Auguste Préault
Clémence Isaure, 1844-1854
Bronze - 69,5 x 24,9 x 24,9 cm
Paris, Musée du Louvre
© Musée du Louvre/P. Philibert |
- Un bronze d'Auguste Préault (1809-1879) acquis en 2005 et représentant Clémence Isaure. Il s'agit d'une fonte d'après un modèle en terre8. Jusqu'ici inédit, cet exemplaire unique (le sculpteur n'a jamais fait fait éditer ses statuettes) fut fondu par Victor Thiébaut en 1854. La statue définitive avait été commandée en marbre en 1844 par le ministre de l'Intérieur, mais ne fut terminée qu'en 1848 et installée dans les jardins du Luxembourg où elle se trouve toujours aujourd'hui.
- Le Louvre acquiert régulièrement des œuvres, sculptures ou peintures, en rapport avec son histoire9. Deux reliefs viennent ainsi d'être achetés. Le premier est dû à Augustin Dumont (1801-1884)10, qui avait vocation à décorer le Palais puisqu'il naquit dans le Pavillon du Midi où demeuraient ses parents. Il s'agit d'un modèle en plâtre pour le fronton couronnant le premier Pavillon Lesdiguières, détruit lors de l'agrandissement des guichets donnant sur le Quai du Louvre. Dumont obtint, pour compenser la disparition de son œuvre, la commande de deux sculptures pour le nouveau pavillon, L'Architecture et La Sculpture. Le Louvre avait déjà acquis, il y a quelques années, deux première pensées pour ce second décor : Le Ciseleur et Le Forgeron.
Notons enfin que le musée de Semur-en-Auxois conserve les modèles au tiers d'exécution de l'ensemble du couronnement du premier fronton du Pavillon Lesdiguières.

7. Augustin Dumont
Gloire et Immortalité, vers 1854-1855
Plâtre
Paris, Musée du Louvre
© Musée du Louvre/P. Philibert
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- Le second est de Louis-Ernest Barrias (1841-1905). Représentant L'Architecture, il est le modèle au tiers d'exécution d'un fronton de la façade sud de l'aile de Marsan. Il fut exposé au Salon des Arts décoratifs en 1882. Il a été vendu au musée en 2004 par la galerie Elstir.
8. Louis-Ernest Barrias
L'Architecture, 1882
Plâtre - 70 x 126 x 26 cm
Paris, Musée du Louvre
© Musée du Louvre/P. Philibert |
9. Gênes fin du XVIIe siècle
(Giacomo Antonio Ponsonelli ?)
Le Temps découvrant
la Vérité et les Arts
Marbre
Photo D. Rykner |
Concluons cette brève11 (un peu longue...) en signalant que la Nymphe de Claude Poirier acquise en 2005 par les AGF avait fait l'objet d'un article le 19/9/05. Elle provenait du parc de Marly, où se trouvait également une sculpture (ill. 9) mise en dépôt temporairement au Louvre (galerie Michel-Ange) Le Temps découvrant la Vérité et les Arts retrouvée à Bolbec (en Haute-Normandie) de l'école gênoise de la findu XVIIe siècle attribuée à Giacomo Antonio Ponsonelli (1654-1735). Restaurée en 2004, elle devrait être déposée au Musée-Promenade de Marly-le-Roi... à moins qu'elle puisse rester au Louvre, assez pauvre en grandes sculptures baroques italiennes.
1. Voir l'article de Sophie Guillot de Suduiraut dans la Revue des Musées de France Revue du Louvre de juin 2005, p. 82.
2. Aile Richelieu, rez-de-chaussée, salle 4 bis, jusqu'en mai 2006. Les renseignements qui suivent sont largement tirés du feuillet publié à cette occasion.
3. L'achat provient de la galerie d'Arenberg, à Bruxelles. Nous tirons plusieurs informations de la notice rédigée par Guilhem Scherf pour la Revue des Musées de France Revue du Louvre de juin 2005, p. 85.
4. Voir l'article de Guilhem Scherf dans la rubrique Acquisitions de La Revue des Musées de France Revue du Louvre de décembre 2005 d'où nous avons tiré plusieurs informations.
5. Nous avions évoqué, dans l'article consacré à l'exposition L'esprit créateur, le Caton d'Utique de Clodion, le Portrait de sa fille Anne-Ange par Houdon et le Brutus consolant son épouse qui se lamente de la perte de ses fils de Dardel.
6. Nous avons extrait plusieurs informations de l'article de Guilhem Scherf paru dans la rubrique Acquisitions de La Revue des Musées de France Revue du Louvre de février 2005, p. 92.
7. Un feuillet écrit par Isabelle Leroy-Jay-Lemaistre a été édité à cette occasion. Les informations sur cette acquisition en sont en partie tirées.
8. Voir l'article d'Isabelle Leroy-Jay-Lemaistre paru dans la rubrique Acquisitions de La Revue des Musées de France Revue du Louvre de décembre 2005, p. 92, d'où nous avons tiré plusieurs informations.
9. Les salles d'histoire du Louvre sont hélas presque toujours fermées.
10. Nombre d'informations sur cette acquisition proviennent de Marie-France Lemoine, auteur d'un mémoire de l'Ecole du Louvre Le décor sculpté des façades du Louvre,sur les Tuileries, à l'époque de Napoléon III.
11. Pour être complet, on pourrait également citer la cession par les douanes d'une copie en bronze, fondu en 1876, du Louis XIV de François Girardon.
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