|
Le Christ mort de Mantegna à Mantoue et L'Annonciation de Léonard au Japon
1. Andrea Mantegna. (1431-1506)
Le Christ mort
Détrempe sur toile - 68 x 81cm
Milan, Pinacoteca di Brera
© D.R. |
15/9/06 – Musées – Italie – Fin août, une polémique a fait rage, en Italie à propos de l'exposition Mantegna qui ouvre demain à Mantoue. Fallait-il ou non déplacer le Christ mort (ill. 1) pour cette occasion ? La direction de la Brera affirmait que le tableau était bien trop fragile pour voyager, tandis que l'historien d'art (et ancien ministre) Vittorio Sgarbi affirmait l'inverse et criait au scandale. Garbi est le président du Comité national chargé de commémorer le cinquième centenaire de la mort de l'artiste. Le ministre de la Culture, Francesco Rutelli, après avoir suivi les recommandations des conservateurs et s'être opposé à Sgarbi, s'est finalement rangé aux arguments de ce dernier et a autorisé le prêt de l'œuvre.
Il est évident que le Christ mort est un tableau clé et qu'une rétrospective de l'artiste peut difficilement se concevoir sans lui. Mais on pourrait se poser la question de la légitimité d'une telle rétrospective. Quelle nouveauté peut-elle apporter à la connaissance d'un peintre aussi bien étudié que celui-ci ? Le tableau avait été déjà prêté à Mantoue en 2001. Selon Sgarbi : « Même s'il était vrai qu'en cinq ans les conditions de conservation se sont dégradées, il ressort clairement de la lettre que j'ai envoyée à Rutelli que le Comité que je préside serait prêt à restaurer la peinture à ses frais », argument pour le moins discutable.
2. Léonard de Vinci. (1452-1519)
L'Annonciation
Détrempe sur toile - 104 x 207 cm
Florence, Uffizi
© D.R. |
Plus grave encore : L'Annonciation de Leonard de Vinci (ill. 2) serait envoyée à Tokyo en 2007 pour une exposition sans aucun intérêt scientifique et pour des raisons purement diplomatiques et de propagande. Cette fois, le Ministre de la Culture italien s'est engagé dès le début auprès du Japon pour prêter la peinture malgré les évidentes réticences du directeur des Offices, Antonio Natali qui a, selon La Reppublica datée du 26 août, refusé de faire une déclaration autre que « C'est [le ministre] qui décide ».
Ces problèmes ne sont pas nouveaux : le Mantegna avait lui-même été envoyé au Japon en 1987. Mais ils posent, une nouvelle fois, la question des prêts de tableaux trop fragiles pour voyager. Contrairement à ce qu'on pouvait penser il y a quelques années, le mouvement des œuvres ne se ralentit pas et récemment un nombre incalculable de chefs-d'œuvre de la Renaissance se sont promenés un peu partout dans le monde.
Ce ne devrait, évidemment, jamais être à un ministre de décider d'un prêt. Au moins en Italie ce débat a-t-il lieu au grand jour et est largement couvert par les journaux nationaux. En France, le silence est presque assourdissant.
P.S. L'Annonciation est partie au Japon le 13 mars 2007 (voir brève du 13/3/07)
Brève précédente - Brève suivante
Retour vers Nouvelles Brèves
Retour vers la page d'accueil
|