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Une nouvelle association offre plusieurs dessins à l'Ecole des Beaux-Arts

Hubert Robert - Vue du Tempietto de San Pietro in Montorio - Paris, Ecole nationale supérieure des beaux-arts
1. Hubert Robert (1733-1808)
Caprice architectural basé sur le Tempietto
de San Pietro in Montorio

Plume, encre brune, lavis et aquarelle - 33,8 x 44,4 cm
Paris, Ecole nationale supérieure des beaux-arts

© ENSBA

15/5/06 – Acquisitions – Paris, Ecole nationale supérieure des beaux-Arts – Malgré l'importance exceptionnelle de ses collections de dessins, l'Ecole des Beaux-Arts (Ensba) ne possède aucun budget d'acquisition qui lui permettrait de les enrichir. Fort de ce constat et pour suppléer cette absence de moyens, plusieurs amateurs ont, à l'initiative d'Emmanuelle Brugerolles, décidé de fonder une association intitulée Le cabinet des amateurs de dessins de l'Ecole des Beaux-Arts.
   Créée le 19 novembre 2005 et placée sous la présidence de Jean Bonna, elle a, en à peine six mois, fait preuve de son efficacité ; deux dessins ont été achetés et trois autres donnés, par son intermédiaire. L'association se réunit plusieurs fois par an pour débattre des acquisitions ou des dons et juger de leur opportunité. Des visites sont organisées pour découvrir des fonds peu connus ou des expositions en cours en région ou à l'étranger. Pour en faire partie, il faut s'acquitter d'une cotisation de 5000 € (sociétaire) ou de 10.000 € (bienfaiteur). Celle-ci donne droit à une défiscalisation de 66% de l'impôt sur le revenu1.

Eugène Delacroix - Feuille d'étude : quatre figures d'hommes et deux études de femmes - Paris, Ecole nationale supérieure des beaux-arts
2. Eugène Delacroix (1798-1863)
Feuille d'étude : quatre figures d'hommes
et deux études de femmes
Plume, encre noire - 19,3 x 29,5 cm
Paris, Ecole nationale supérieure des beaux-arts
© ENSBA

   Le premier achat est une aquarelle d'Hubert Robert2 (ill. 1), qu'on avait pu voir exposée récemment à l'entrée de la présentation de la collection Jean Bonna. Elle figure, de manière quelque peu fantaisiste, le Tempietto de Bramante. L'ensemble relève davantage du caprice architectural que d'une vue topographique, puisque l'artiste omet de représenter toute la partie supérieure de l'édifice et prend quelques libertés avec le reste (disparition des niches entre les pilastres et, surtout, changement d'échelle : le bâtiment apparaît beaucoup plus grand qu'il ne l'est réellement). Cette œuvre date des dernières années romaines d'Hubert Robert, vers 1760-1765. Un autre dessin de cet artiste, a été donné par Bruno et Thérèse de Bayser ; il représente une Etude de personnage en pied, dessiné au lavis brun sur une contre-épreuve à la sanguine. Nous n'avons pas encore de photo de cette feuille qui a fait partie autrefois de la collection Mathias Polakovits et qui retrouve ainsi sa donation.

Antoine Dieu - Esther devant le roi Assuérus - Paris, Ecole nationale supérieure des beaux-arts
3. Antoine Dieu (1662-1727)
Esther devant le roi Assuérus
Plume, encre brune et lavis d'encre de chine - 18,2 x 25,6 cm
Paris, Ecole nationale supérieure des beaux-arts

© ENSBA

   Une étude d'Eugène Delacroix (ill. 2), donnée par Juan de Beistegui, est une acquisition importante pour l'Ensba car, aussi curieux que cela puisse paraître, il s'agit du premier dessin de l'artiste à entrer dans ses collections. Il date du voyage au Maroc en 1832.

   La seconde œuvre acquise directement par l'association3, est due à Antoine Dieu (ill. 3). Elle constitue une version plus aboutie d'un premier dessin déjà conservé à l'Ensba, provenant de la donation Jean Masson. Le style de l'artiste, proche de Charles Le Brun est aisément reconnaissable, avec ses physionomies très typées et ses figures allongées.

France, début XVIIe siècle - Projet d'épitaphe aux armes des Montmorency - Paris, Ecole nationale supérieure des beaux-arts
4. France, début XVIIe siècle
Projet d'épitaphe aux armes des Montmorency
Pierre noire, plume, encre brune et
lavis d'encre de chine - 43 x 31,3 cm
Paris, Ecole nationale supérieure des beaux-arts

© ENSBA

   Enfin, le président de l'association, Jean Bonna, a acheté en vente publique4 un dessin sans doute préparatoire à la gravure, représentant un projet d'épitaphe aux armes des Montmorency (ill. 4). Emmanuelle Brugerolles souligne qu'il complète parfaitement un groupe d'études appartenant à l'Ensba et exécutées par des graveurs français influencés par l'art allemand et flamand tel que Léonard Gaultier.

1. Pour tout renseignement concernant l'adhésion à cette association, contacter Emmanuelle Brugerolles (emmanuelle.brugerolles@ensba.fr).
2. Acquise en vente publique, à l'Hôtel Dassault, le 13 décembre 2005, pour la somme de 17.000 € (hors frais).
3. Chez la galerie Eric Coatalem.
4. Christie's Paris, le 16 décembre 2005.

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Voir aussi l'étude sur l'artiste et la bibliographie concernant Henri Lehmann sur ce site.

Une prochaine brève, sur les acquisitions récentes du Musée des Beaux-Arts de Montréal, sera l'occasion de parler de l'Education de Tobie de Lehmann.