|
Acquisition d'un tableau de Robert Wylie par le musée de Blérancourt
Robert Wylie (1839- 1877)
Femme de Pont-Aven, 1876
Huile sur toile - 99 x 74 cm
Blérancourt, Musée de la coopération
franco-américaine
Photo : Galerie Lécuyer |
8/4/06 – Acquisition - Blérancourt, Musée de la coopération franco-américaine - Après des études à l'Académie de Philadelphie, Robert Wylie (1839-1877), comme plusieurs peintres américains, vint compléter son éducation artistique à Paris. Dès 1863, il suivait l'enseignement de Barye et de l'Académie Suisse. Un an après, il découvrit Pont-Aven, s'y installa définitivement en 1866, ne quittant plus la Bretagne, sauf pour de brefs séjours à Paris, à l'occasion des Salons où il conseillait les collectionneurs de Philadelphie. A celui de 1869, il exposa The Postman (La lecture de la lettre du fiancée, Basse Bretagne, Philadelphie, Pennsylvania Academy)1, puis en 1872 La sorcière bretonne(Une diseuse de bonne aventure en Bretagne, Cartwright Hall, Bradford, West Yorkshire -Angleterre)2 qui lui ouvrit les portes de la galerie Goupil & Co. Cela lui permit de rencontrer les autres artistes défendus par Goupil : Meissonier, Zamacois, Fortuny3 et Muncaczy. C'est grâce à Robert Wylie que la petite ville du Finistère devint une colonie d'artistes, où il fit venir ses compatriotes Mary Cassat et Thomas Eakins. Très bien intégré dans la communauté, parlant le Breton, il peignit de grandes compositions relatant les mœurs et les coutumes locales. Il meurt à Pont-Aven, près de onze ans avant la venue de Gauguin et d'Émile Bernard qui va rendre célèbre à jamais le village dans l'histoire de l'art.
Exposée en mars 2005 au Pavillon des Antiquaires, par la galerie parisienne de Vincent Lécuyer, la toile choisie par Blérancourt, est en rapport avec la grande composition du Salon de 1872 et dont Goupil dut commercialiser des répliques. Quatre ans plus tard, Wylie reprend le personnage central, dans le même fauteuil Louis XIII recouvert de cuir de Cordoue, change sa coiffure et modifie des détails. La monumentalité de la composition, sa qualité picturale à la Thomas Couture qui historicise un modèle pittoresque en personnage épique et l'importance des liens entre ce peintre et la France expliquent que ce tableau ne pouvait échapper à ce musée.
1. Voir la catalogue de l'exposition Peintres Américains en Bretagne 1864-1964, musée de Pont-Aven, 1995, n° 59, p.71.
2. Une autre version datée de 1879 est conservée à Washington, The Corcoran Gallery.
3. Le musée de Bilbao consacrera une exposition à ces trois artistes à l'automne 2006 (16 septembre 2006 - 28 janvier 2007)
Site du musée de Blérancourt
Brève précédente - Brève suivante
Retour vers Nouvelles Brèves
|