LETTRE D'INFORMATION
Chaque semaine,
soyez informé des nouveautés

ABONNEZ-VOUS

Catalogues livres d'histoire de l'art

LIVRES PROPOSES EN
PARTENARIAT AVEC
DESSIN ORIGINAL

 
Accueil
Editorial
Brèves
Expositions
Publications
Musées
Patrimoine
Débats
Acquisitions
Etudes
Artistes
Liens
Calendrier des expositions
Colloques
Courrier
Annonces
Archives
Nouvelles mises à jour
Contact
 
 



L'art étrange de Charles-Frédéric Soehnée, à travers une exposition et un livre

Charles-Frédéric Soehnée - Paysage - Paris, Galerie J.M. Le Fell
1. Charles-Frédéric Soehnée (1789-1878)
Paysage
Aquarelle - 37 x 24 cm (environ)
Paris, Galerie J.M. Le Fell
© Galerie J.M. Le Fell, photo François Doury

17/3/06 – Marché de l'art - Paris - L'une des expositions les plus curieuses et les plus intéressantes de cette Semaine du Dessin sera sans doute celle que la galerie Jean-Marie Le Fell consacre à un ensemble d'aquarelles de Charles-Frédéric Soehnée1.
   On ne connaît que très peu d'œuvres de cet élève de Girodet, dont on verra le portrait peint par Delaval, un de ses condisciples d'atelier2. Il n'eut en effet qu'une très brève carrière qu'il interrompit pour se consacrer à l'invention de procédés techniques destinés aux peintres, notamment le célèbre vernis Soehnée dont la production fit sa fortune et se continue encore de nos jours.

Charles-Frédéric Soehnée - Personnages et animaux fantastiques - Paris, Galerie J.M. Le Fell
2. Charles-Frédéric Soehnée
(1789-1878)
Personnages et animaux fantastiques
Aquarelle - 37 x 24 cm (environ)
Paris, Galerie J.M. Le Fell
© Galerie J.M. Le Fell,
photo François Doury

   Il y a cinq ans, la même galerie lui avait déjà dédié une première exposition. Elle a depuis eu la chance de trouver un nouveau fonds issu d'un album, qu'elle disperse aujourd'hui et expose avec d'autres feuilles provenant de collections privées et des descendants de l'artiste. Mieux, elle édite avec Gallimard un ouvrage accompagné d'un texte court de Patrick Mauriès, qui reproduit l'intégralité de l'œuvre connu.
   La carrière artistique de Soehnée fut donc fort courte. On peut la circonscrire aux années 1818-1819. Hormis quelques paysages (ill. 1), ses aquarelles représentent des cortèges de personnages et d'animaux fantastiques. Leur finalité et leurs sujets n'apparaissent pas clairement même si les titres inscrits sur certains dessins sont évocateurs : Voyage en enfer, Le berceau de la mort ou Lieu consacré au silence... Les influences sont diverses, de Bosch à Goya en passant par certaines figures de Saint-Aubin. Les petits personnages rappellent également Jacques Callot.

Charles-Frédéric Soehnée - Paysage avec animaux fantastiques  - Paris, Galerie J.M. Le Fell
3. Charles-Frédéric Soehnée (1789-1878)
Paysage avec animaux fantastiques
Aquarelle - 37 x 24 cm (environ)
Paris, Galerie J.M. Le Fell
© Galerie J.M. Le Fell, photo François Doury

Charles-Frédéric Soehnée - Paysage fluvial avec une barque et des animaux fantastiques - Paris, Galerie J.M. Le Fell
4. Charles-Frédéric Soehnée (1789-1878)
Paysage fluvial avec une barque et des animaux fantastiques
Aquarelle - 37 x 24 cm (environ)
Paris, Galerie J.M. Le Fell
© Galerie J.M. Le Fell, photo François Doury

   Mais ces animaux bizarres, squelettes ambulants qu'on croirait sortis des temps antidiluviens (ill. 2), chimères couvertes de poil, mi-chameaux mi-oiseaux (ill. 3), taupes anthropomorphes, chauve-souris géantes dont les ailes font office de voile pour une barque, sont d'une invention parfaitement originale. Leur descendance contemporaine directe, quoique sans doute fortuite, peut se voir dans les créatures des films de Tim Burton.
   N'oublions pas l'essentiel : ces visions cauchemardesques possèdent aussi une étrange poésie.

D.R.

1. On prononce "Céné".
2. Ce tableau appartient aux descendants de Soehnée.

Post scriptum de Stéphane Guégan sur le catalogue :

   La brève mais belle étude que consacre Patrick Mauriès à l’univers fantastique de Charles-Frédéric Soehnée se penche sur quelques-uns des ressorts plastiques et poétiques de cette esthétique aussi capricieuse que savante. Au titre des sources, l’auteur cite avec raison Tiepolo et Callot. On pourrait y ajouter Rosa et Piranèse du côté des artistes qui pratiquèrent cette veine particulière, Hubert Robert et Denon du côté de ceux qui apparaissent ici plus discrètement. Il nous semble par ailleurs qu’une lecture plus ancrée dans les réalités politiques et religieuses du temps ne serait pas déraisonnable. Cette imagerie fantasque semble en effet faire écho au climat de la Restauration autant qu’aux « délires de l'imagination » chers au girodisme le moins discipliné.

S.G.

Galerie Jean-Marie Le Fell, 12, rue de Tournon, 75006 Paris. Tél. 01 44 07 34 05. Exposition du 17 mars au 30 avril 2006.

Patrick Mauriès, Charles-Frédéric Soehnée, Le Promeneur/Galerie J.M. Le Fell, Paris, 2006, 120 p. 29 €. ISBN : 2-07-077950-5.

 

 

Lien vers le site de la Galerie J.M. Le Fell

Brève précédente - Brève suivante

Retour vers Nouvelles Brèves