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Castres acquiert le chef-d'œuvre de Sebastián Muñoz

Sebastien Muñoz - Le Martyre de Saint Sébastien - Castres, Musée Goya
Sebastien Muñoz (1654-1690)
Le Martyre de Saint Sébastien
Huile sur toile - 270 x 210 cm
Castres, Musée Goya
Photo : C2RMF

18/3/06 – Acquisition - Castres, Musée Goya - Grâce à la biographie très détaillée que lui a consacrée Palomino, la vie et la carrière de Sebastián Muñoz sont bien documentées. Né en 1654, il n’appartient pas au groupe de peintres qui créent le baroque madrilène (Francesco Rizi, Carreño de Miranda, Herrera le jeune...) à travers de grands retables luministes (héritage de Vélasquez), contrastés, où les influences vénitienne, italienne et flamande se mêlent, mais à la génération suivante, celle des derniers grands peintres du Siècle d’or. Elève de Claudio Coello, il part en 1680 compléter sa formation à Rome dans l’atelier de Carlo Maratti. A son retour à Saragosse, il y retrouve Coello et collabore au plafond et à la coupole du collège augustinien de La Manteria (1684). C’est d’ailleurs dans ce domaine des grands cycles décoratifs peints à fresques que Muñoz va construire sa notoriété dans la capitale (plafonds mythologiques de l’Alcázar de Madrid). Malheureusement, tous ses décors muraux ont disparu, et on ne peut plus le juger que sur quelques rares grandes toiles religieuses et quelques portraits. Il meurt d’une chute d’échafaudage accidentelle, alors qu’il travaillait au chantier de l’église d’Atocha.

   Depuis la publication de l'Inventaire de ses collections hispaniques à la mi-2005 (voir notre recension), le musée Goya s'est enrichi d’un exceptionnel tableau de cet artiste Le Martyre de Saint Sébastien (ill.), signé, caractéristique du baroque à multiples points de fuites de la seconde moitié du XVIIe siècle à Madrid. Inversant la célèbre composition de Van Dyck (versions à Munich et Edimbourgh), il dilate l'espace au point de représenter trois moments de la même histoire. Peinte vers 1686-1687, fortement marquée par l'influence de son maitre Claudio Coello, cette œuvre appartenait au couvent des Carmes Déchaussés à Madrid, soit la même provenance que son œuvre la plus connue, Les funérailles de la reine Maria Luisa, conservée à la Hispanic Society de New York. Au XVIIIe siècle, Le Martyre fit partie du Musée Napoléon au Louvre. Restituée à l’Espagne après 1815, il s’est retrouvé dans les saisies espagnoles de 1835 de la collection Soult, puis chez l’Infant Don Sebastian de Bourbon (1811-1875) dont la collection fut dispersée en 1876 à  Pau. Depuis 1920 elle appartenait à une famille bordelaise. Comme nous l'avons signalé dans la recension citée plus haut, le musée de Castres participe de façon exemplaire à la sauvegarde du patrimoine espagnol conservé en France.

Michel de Piles

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