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Plusieurs tableaux du XIXe siècle, rarement vus, exposés au Louvre  

Jean-Pierre Franque - Allégorie sur l'état de la France avant le retour d'Egypte - Paris, Musée du Louvre
1. Jean-Pierre Franque (1774-1860)
Allégorie sur l'état de la France avant le retour d'Egypte, Salon de 1810
Huile sur toile - 261 x 326 cm
© D.R.

4/3/06 – Accrochage - Paris, Louvre - Les expositions Ingres (sous la pyramide) et Girodet (actuellement présentée à Chicago, puis à New York et Montréal) ont par la force des choses en partie dégarni les murs des salles d'exposition permanente au Louvre. Précipitez-vous pour aller découvrir des œuvres sorties des réserves, rarement vues, et admirer de plus près de grands tableaux de Salon habituellement exposés en hauteur et descendus pour remplacer ceux qui ont été prêtés.

   Dans la salle Daru, on verra ainsi (la liste n'est pas exhaustive) le beau portrait par le Baron Gros d'un de ses élèves, le Comte Alcide de La Rivallière. Représentant le modèle face à son chevalet, Gros se montre ici fortement influencé par le maniérisme forentin : Ingres n'était pas le seul à regarder du côté de Bronzino. Du même peintre, Charles Quint reçu par François Ier à Saint-Denis, un grand format d'esprit troubadour (1812).
   On découvrira également l'Allégorie de la France avant le retour d'Egypte (ill. 1). Dû au pinceau de Franque, élève de David, ce magnifique tableau est pleinement ossianesque par les coloris, la composition et l'atmosphère. Bonaparte y prend la place du barde celte. Il serait opportun de conserver définitivement cette très belle toile dans les salles, fut-ce à un emplacement élevé.
   On pourra aussi observer de près le Marius à Minturnes de Jean-Germain Drouais, si davidien, et le comparer ainsi au tableau de Pierre Guérin Le retour de Marcus Sextus et à ceux de David lui-même.
   Gageons enfin qu'il sera désormais difficile de rentrer dans les réserves le somptueux Portrait de Jean-François de la Marche par Henri-Pierre Danloux (1793) d'autant que l'artiste figure aujourd'hui au premier rang des cimaises de Londres et d'Edimbourg (voir brève du 22/12/04 et brève du 9/3/05).

Auguste Leloir - Homère - Paris, Musée du Louvre
2. Auguste Leloir (1809-1892)
Homère, Salon de 1841
Huile sur toile - 147 x 195 cm
Photo : Didier Rykner

   Au second étage de la Cour Carré, la salle Ingres n'est pas moins riche en toiles peu accessibles en temps ordinaire, comme le bel Auguste Leloir représentant Homère1, La jeune grecque d'Hippolyte Flandrin, le paysage de Paul Flandrin Les adieux d'un proscrit à sa famille ainsi que plusieurs portraits de divers auteurs.

   Notons pour conclure qu'il reste un emplacement vide dans cette salle qui pourrait fort bien accueillir l'esquisse d'Hippolyte Flandrin pour Saint-Germain-des-Prés, représentant La Résurrection, acquise en 1995 et qui n'a pourtant jamais été montrée dans le parcours des collections permanentes2.

1. Comme le remarquent Jean-Pierre Cuzin et Dimitri Salmon dans un livre venant de paraître et sur lequel nous reviendrons (Ingres. Regards croisés), ce tableau est fortement inspiré par l'Apothéose d'Homère d'Ingres.
2. Plus loin, on découvrira aussi la Vue de Jérusalem du Comte de Forbin (1777-1841).

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