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Le Denier de saint Pierre, tableau inédit de Thomas Couture, acquis par le Musée de Senlis
Thomas Couture
Le Denier de Saint-Pierre, vers 1870
Huile sur toile - 42,5 x 33 cm
Senlis, Musée d'Art et d'Histoire
© Musée de Senlis |
12/1/06 – Acquisition - Senlis, Musée d'Art et d'Archéologie - Ce musée présente, dans le cadre de son Objet du mois, un achat effectué en 2004 avec l'aide de sa société d'Amis : une esquisse de Thomas Couture, Le Denier de Saint-Pierre. Le sujet de ce tableau, monogrammé, avait été reconnu par Jacques Foucart alors qu'il était conservé dans une collection particulière parisienne. Inédit, il est pourtant parfaitement documenté puisqu'il fut présenté en 1880 lors de l'exposition rétrospective consacrée à Couture, au Palais de l'Industrie à Paris1.
Le Denier de Saint-Pierre est la reprise, sous le pontificat de Pie IX, d'une tradition abandonnée au début du XVIe siècle qui voyait l'Angleterre verser un tribut annuel au Saint-Siège. Depuis 1860, on nomme ainsi les contributions volontaires que peuvent verser les chrétiens pour le Pape2. Un cardinal et un moine, agenouillés au premier plan, reçoivent les aumônes des fidèles. Comme le remarque justement Muriel Barbier3, « Thomas Couture, qui était plutôt anticlérical, a [...] choisi de peindre un sujet d'actualité lui permettant de railler les membres du clergé saisis dans une posture inhabituelle : ils reçoivent l'aumône des faibles (paralytique, femme et enfant) et non le contraire. »
Le style de cette étude est très typique de l'artiste : sur un fond brun, il dessine ses figures puis les peint. Le caractère inachevé, et le fait qu'elle ne donna jamais lieu à une grande peinture, n'est pas non plus inhabituel. L'Enrôlement des Volontaires de 1792 du Musée de Beauvais ou le Baptême du Prince Impérial de Compiègne témoignent d'une difficulté certaine de Couture à aller jusqu'au bout de ses compositions.Comme l'écrit Françoise Maison : « la spontanéité et la subtilité des ébauches séduisent davantage nos contemporains que la rigueur des travaux aboutis ». On sera, en revanche, moins d'accord avec Muriel Barbier qui voit, dans « leur caractère inachevé, parfois déconcertant [...] l'un des traits majeurs de l'art moderne dont il est l'un des précurseurs ». Bien au contraire, Couture n'est pas un « moderne » au sens où on l'entend pour la seconde moitié du XIXe siècle, ce qui ne l'empêche pas cependant d'être un excellent peintre.
Très riche en tableaux de Couture, le musée de Senlis, sa ville natale, continue régulièrement à acquérir des œuvres de cet artiste. Il est prévu que, dans un proche avenir, la chapelle du Chancelier Guérin, datant du XIIIe siècle et dont la restauration vient de se terminer, soit consacrée à la présentation d'une partie du fonds Couture. Idée d'autant plus justifiée que celui-ci en avait fait son atelier.
1. Un feuillet est édité par le musée est publié à cette occasion. Le texte est de Muriel Barbier, conservateur. Nous en avons extrait plusieurs informations.
2. Le denier de Saint-Pierre s'est modernisé, puisque les dons peuvent aujourd'hui être versés via Internet !
3. Dans le feuillet indiqué en note 1.
4. Dans le catalogue de l'exposition l'Enrôlement des Volontaires de 1792 : Thomas Couture, Beauvais, Musée départemental de l'Oise, 1989, p. 124.
Précédents articles sur le musée de Senlis et Thomas Couture :
Expositions : Thomas Couture 1815-1879, portraits d'une époque (26/10/2003)
Quelques tableaux récemment acquis par le musée départemental de l'Oise à Beauvais (14/5/03)
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