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Agrandissement du Musée des Beaux-Arts de Strasbourg
1. Claude de Jongh (vers 1600-1663)
Saint Laurent devant la Vierge à l'Enfant, 1634
Huile sur toile
Strasbourg, Musée des Beaux-Arts
Photo : D. Rykner |
A côté des opérations lourdes, longues et onéreuses, qui voient des musées être entièrement refaits et agrandis, comme ce fut récemment le cas à Montpellier (voir l'article), certains établissements mènent des travaux plus légers, mais non moins utiles. Le musée des Beaux-Arts de Strasbourg a ainsi ouvert, en décembre 2006, trois nouvelles salles qui lui permettent désormais d'exposer en permanence quatre-vingt tableaux supplémentaires.
Il peut montrer aujourd'hui presque toutes ses collections1. On verra, par exemple, un beau tableau d'un artiste rare, Claude de Jongh (ill. 1), une Allégorie du repentir de Cornelis van Haarlem, ou un Jeune garçon pincé par une écrevisse d'un suiveur du Caravage. Rappelons que les réserves de Strasbourg sont en réalité des salles visitables, ouvertes, au dernier étage, le premier samedi de chaque mois (et sur demande). Elles ne conservent maintenant que des tableaux réellement très secondaires.
2. Première des trois nouvelles salles ouvertes du Musée des Beaux-Arts de Strasbourg
Photo : D. Rykner |
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3. A gauche, Bartolomeo Biscaino, Adoration des mages ;
à droite, Valerio Castelle, Adoration des mages
Musée des Beaux-Arts de Strasbourg
Photo : D. Rykner |
La première salle (ill. 2) regroupe des tableaux italiens du XVIIe siècle, dont deux Adorations des mages génoises, l'une de Bartolomeo Biscaino (ill. 3, à gauche), l'autre de Valerio Castello, ce dernier tableau (à droite) ayant été dernièrement retrouvé (voir l'article sur l'ouvrage Cinq siècles de peinture). Elle offre par ailleurs de belles vues sur la cathédrale.
4. Jean-Baptiste Deshays
(1729-1765)
Le martyre de saint André, vers 1758
Huile sur toile - 54 x 28 cm
Strasbourg, Musée des Beaux-Arts
Photo : D. Rykner |
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5. Hyacinthe Collin de Vermont (1693-1761)
Pyrrhus enfant à la cour du roi Glaucias, vers 1747
Huile sur papier collé sur carton - 21 x 27 cm
Strasbourg, Musée des Beaux-Arts
Photo : M. Bertola |
Dans la deuxième salle sont exposées des esquisses, dont plusieurs ont été acquises récemment : le Supplice de saint André de Jean-Baptiste Deshays (ill. 4 ; entré dans les collections en 2002), la Scène biblique de Jean-Baptiste-Marie Pierre (achat en 2004), et une troisième qui vient d'être offerte au musée par Olivier Scherberich : une huile sur papier de Hyacinthe Collin de Vermont (ill. 5).
6. Salle Otton Kaufmann - François Schlageter
Musée des Beaux-Arts de Strasbourg
Photo : D. Rykner |
La troisième salle, consacrée à la peinture italienne du XVIIIe siècle, a pris le nom d'Otton Kaufmann et François Schlageter, les deux collectionneurs strasbourgeois donateurs du Louvre et du Musée de Strasbourg. On verra ici (ill. 6), notamment, plusieurs tableaux de Giuseppe-Maria Crespi, un grand retable de Gian Domenico Tiepolo (à gauche sur la photo) et le fameux Canaletto récemment racheté par le musée après la restitution de cette œuvre à ses anciens propriétaires (voir brève du 11/10/05).

7. Première salle à l'entrée du musés
(Primitifs italiens)
Musée des Beaux-Arts de Strasbourg
Photo : D. Rykner
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8. Salle Renaissance (au premier plan, deux tableaux de Piero di Cosimo ; au fond, La VIerge consolatrice de William Bouguereau)
Musée des Beaux-Arts de Strasbourg
Photo : D. Rykner |
Les travaux ont concerné également les autres salles (ill. 7 et 8). Le parcours a été revu, privilégiant un accrochage chronologique qui mêle à certains endroits les différentes écoles. Ce parti pris permet des confrontations stimulantes entre tableaux français, italiens ou nordiques. Un legs récent, celui de M. et Mme Roger Eisenbeth, entré au musée fin 2004, a été accroché dans le parcours. Les 14 peintures, pour l'essentiel des œuvres nordiques des XVIe et XVIIe siècles sont inégales, mais plusieurs sont d'excellente qualité, notamment une Vanité de Franciscus Gijsbrechts (connu à Leyde en 1674) et une Tour de Babel de Maarten van Valckenborgh (1535-1612).
L'accrochage met parfaitement les œuvres en valeur sur des murs peints en gris. Cette couleur (très proche de celle utilisée au Musée Fabre) n'est pas désagréablemais devient un peu lassante lorsqu'elle est, comme ici, trop systématique.
9. Johann Daniel Heimlich (1740-1796)
Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste
Huile sur toile - 85 x 123 cm
Strasbourg, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Strasbourg |
A l'heure où Fabrice Hergott a quitté la tête des musées de Strasbourg et où Joëlle Pijaudier-Cabot va prendre sa place (voir brève du 28/1/07), le Musée des Beaux-Arts, dirigé par Dominique Jacquot, vient de s'offrir à peu de frais un lifting de qualité, tout en faisant preuve d'une belle vitalité. Un catalogue des peintures nordiques sera bientôt publié, des expositions sont organisées régulièrement (on se rappelle de celle consacrée à Vouet et à son école dont nous avions parlé ici) et des achats sont effectués, même si une réelle politique d'acquisition s'est trouvée freinée par la nécessité de racheter le Canaletto (voir brève du 11/10/05) et par des crédits insuffisants face à l'explosion des prix du marché. En 2005, un tableau de Johann Daniel Heimlich (ill. 9), peintre alsacien du XVIIIe siècle, a cependant pu entrer dans les collections.
Didier Rykner
(mis en ligne le 21 février 2007)
1. Imaginons qu'on ait vendu les œuvres exposées comme le souhaitent aujourd'hui certains bons esprits...
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