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Réouverture du Musée de l'Orangerie  

   Le Musée de l'Orangerie a été inauguré par le Ministre de la Culture aujourd'hui 2 mai 2006, alors que les travaux ne sont pas encore terminés. On s'interroge sur cette rapidité, quand plusieurs semaines encore auraient été nécessaires pour finaliser cette rénovation. Nous avons visité le bâtiment vendredi dernier, à la veille du week-end, et les alentours de l'Orangerie avaient encore des allures de chantier. De nombreux aménagements intérieurs n'étaient pas finalisés (par exemple, les barrières basses empêchant les visiteurs de s'approcher trop près des œuvres n'étaient pas encore fixées, les boiseries reconstituant une partie du cabinet de travail de Paul Guillaume n'étaient même pas encore mises en place...). S'agissait-il d'inaugurer à la va vite ce musée, pour ne pas faire d'ombre au Musée du Quai Branly ? L'ouverture au public annoncée pour le vendredi 5 mai est repoussée au mercredi 17 mai.
   Nous avons demandé un interview à Pierre Georgel, directeur du Musée et principal maître d'œuvre du projet. Celui-ci nous a indiqué avoir reçu de sa hiérarchie la consigne de ne pas répondre aux demandes des médias, ce qui est pour le moins curieux... Une dépêche de l'AP, datée d'aujourd'hui, a fait état de cette interdiction. Il faut noter aussi que contrairement à l'usage, aucun conservateur n'était convié pour cette inauguration.

Musée de l'Orangerie - Ce qui reste du mur de Charles IX...
1. Ce qui reste du mur de Charles IX...
Photo : D. Rykner

   On se souvient que la découverte du mur d'enceinte de Charles IX avait bloqué les travaux pendant qu'une commission d'expert, constituée d'archéologues, d'historiens de Paris et de représentants de l'administration était saisie du problème. Nous ne reviendrons pas ici sur ce problème complexe, qui a été résolu de la pire manière possible sous la responsabilité, faut-il s'en étonner, de Jean-Jacques Aillagon. Ce qui apparaît aujourd'hui (ill. 1) est misérable et n'a plus aucun intérêt esthétique, architectural ou même archéologique. Pour un tel résultat, on a doublé le coût des travaux et retardé ceux-ci de deux ans...

Musée de l'Orangerie - Le pont de bois et l'entrée « monumentale » menant aux Nymphéas de Monet
2. Le pont de bois et l'entrée « monumentale » menant aux Nymphéas de Monet
Photo : D. Rykner

   Mais l'actualité, c'est le musée. Le principe qui a présidé à la rénovation est double : retrouver la disposition et l'éclairage d'origine des Nymphéas et accrocher dans de bonnes conditions la collection Walter-Guillaume. L'opération est, de ces deux points de vue, plutôt réussie. Le bâtiment, de l'extérieur, apparaît inchangé. En revanche, les aménagements intérieurs ont été complètement bouleversés. Les tableaux de Monet, de nouveau accessibles de plain-pied à partir de l'entrée du musée, ont retrouvé la lumière zénithale qu'ils avaient perdue. Il faut rappeler que l'artiste qui avait lui-même décidé de la présentation et dessiné les salles. L'entrée qui les précède, en revanche, avec son grand mur de béton brut (ill. 2) est plutôt ratée et ressemble à un blockhaus. Il semble d'ailleurs, si l'on en croit le projet visible sur le site du musée, que cette partie n'a pas été réalisée conformément aux plans initiaux de l'architecte (sur le dessin, le béton est peint ou recouvert d'un revêtement blanc)

Musée de l'Orangerie - Salle des Impressionnistes
3. Salle des Impressionnistes
Photo : D. Rykner
 
Musée de l'Orangerie - Salle Henri Rousseau
4. Salle Henri Rousseau
Photo : D. Rykner

   Quant à la collection Walter-Guillaume, elle est dorénavant exposée en sous-sol, une partie bénéficiant d'un éclairage naturel provenant d'une verrière disposée le long du bâtiment. Ce sont les Impressionnistes qui bénéficient de cette lumière. Ils sont installés dans une salle en forme de long couloir (ill. 3). On peut regretter la paroi en béton brut (à droite sur la photo). Exposer des tableaux sur ce matériau ne paraît vraiment pas une bonne solution. Les salles suivantes (consacrées respectivement à Marie Laurencin, au Douanier Rousseau - ill. 4, à Matisse, à Picasso puis à Soutine) sont nettement plus réussies, certaines bénéficiant de murs de couleur.

   La première exposition de l'Orangerie, qui aura lieu du 21 novembre 2006 au 5 mars 2007 reconstituera une manifestation historique sur les lieux même où elle avait eu lieu : l'exposition des « Peintres de la Réalité » qui, en 1934, avait permis notamment de découvrir Georges de la Tour.

Didier Rykner
(mis en ligne le 2 mai 2006)

Site Internet de l'Orangerie