| Gabriel Diss, après avoir travaillé au CNRS (son sujet de recherche était les gravures de Dürer) est devenu conseiller aux arts plastiques au Ministère de la Culture, dans la région Lorraine, où il s'est occupé du FRAC et du FRAM. Puis, en 1991, il devient conservateur du Musée Barrois, à Bar-le-Duc, et directeur du patrimoine de la ville de Bar-le-Duc. Il est, depuis décembre 2001, conservateur du Musée Départemental Georges de la Tour. |
Pourquoi avez-vous décidé, après plusieurs années au Ministère de la Culture, de venir sur le terrain ?
J'avais fait le tour du métier de conseiller, qui s'apparente parfois à celui de censeur. Je trouvais anormal de juger les initiatives du terrain sans pouvoir lui donner les moyens de les réaliser. Après Bar-le-Duc et le Musée Barrois qui furent des expériences passionnantes, j'ai voulu venir à Vic-sur-Seille, car je suis très sensible à un aménagement du territoire qui apporte la culture même dans les campagnes. Il ne s'agit pas ici d'une décentralisation au rabais.
Quelle sera votre politique d'acquisition ?
Nos acquisitions iront dans trois directions. Le première consistera en l'enrichissement des collections locales : c'est ce que nous avons fait avec l'achat d'une sculpture en bois du XIVe siècle, une "Vierge ouvrante", passée en vente publique le 9 mars 2003 et qui était conservée près de Vic, à Marsal, jusqu'au début du siècle. Nous nous devions de l'acheter et de la ramener dans la région. La deuxième, ambitieuse et difficile, essaiera de renforcer, dans la mesure du possible, la représentation de Georges de la Tour (nous présentons pendant six mois un tableau du maître provenant d'une collection particulière) et de la peinture en Lorraine autour de cet artiste ou qui ont un rapport avec le Saulnois. Enfin nous achèterons des tableaux qui devront être cohérents avec l'esprit de la donation de 1998.
Ne serez-vous pas en concurrence avec le Musée Lorrain ?
Nos relations avec le Musée Lorrain sont excellentes. Ce n'est pas de la concurrence, mais une saine émulation. D'ailleurs, le Musée Lorrain s'intéresse à l'ensemble de la production lorraine. Nous sommes surtout intéressés par les œuvres autour de Georges de la Tour.
Présenterez-vous des expositions ?
Nous n'avons pas réellement d'espace pour les expositions. Néanmoins, nous
pensons organiser des expositions-dossiers autour des œuvres du musée, par
exemple sur le sujet de l'évolution de la représentation de Saint
Jean-Baptiste. Nous souhaitons aussi organiser des concerts et des
créations d'art vivant.
Nous avons enfin pour projet de créer une "route" Georges de la
Tour, qui passerait par Nancy, Vic, Epinal, Remiremont, ...
Aurez-vous les moyens de mettre en oeuvre ces projets ?
Le budget est tout à fait confortable. Le musée possède un effectif de 13 personnes, sans compter le personnel de maintenance. Cette année cependant, hormis l'achat de la Vierge du XIVe siècle, ce budget est entièrement concentré sur l'ouverture du musée. J'aurais souhaité pouvoir acheter le tableau du Maître des Jeux qui passe en vente le 25 juin chez Sotheby's, mais malheureusement cela ne sera pas possible.
Propos recueillis par Didier Rykner le 20 juin 2003
(mis en ligne le 23 juin 2003)
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