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Le plaisir au dessin
Lyon, Musée des Beaux-Arts, du 12 octobre 2007 au 14 janvier 2008

1. Joseph Mallord William Turner (1775-1851)
Marine - mer agitée, une bourrasque, vers 1825
Aquarelle - 18,1 x 29,2 cm
Paris, Bibliothèque nationale de France
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L'exposition que propose aujourd'hui le Musée des Beaux-Arts de Lyon s'inspire clairement des cartes blanches données par le Louvre, il y a quelques années, à des artistes ou à des écrivains. Le commissaire invité est le philosophe Jean-Luc Nancy, assisté pour l'occasion par Sylvie Ramond, directrice du musée et par Eric Pagliano, conservateur du patrimoine et pensionnaire à l'INHA. Ce type d'exposition peut aisément tomber dans l'abscons, le pompeux, le prétentieux voire, parfois, le ridicule. Ce n'est pas le cas de celle-ci. On ne discutera pas ici du fond, l'auteur de cet article avouant être parfaitement nul en philosophie. On se bornera à dire que le catalogue est bien édité et riche de plusieurs essais dont on retiendra notamment celui d'Eric Pagliano sur les ratures dans le dessin. On parlera surtout de la qualité des œuvres exposées et du fait que nombre d'entre elles sont très peu connues, voire complètement inédites. Nous axerons donc notre commentaire sur cet aspect, sans ignorer que là n'est pas le propos essentiel. Mais les lecteurs de La Tribune de l'Art pourront ainsi constater que l'exposition et le catalogue réussissent l'exploit de combiner à la fois une approche philosophique et un véritable exercice d'histoire de l'art.
2. Attribué à Giovanni Antonio Bazzi, dit il Sodoma (1477-1549)
La Vestale Tarpeia assommée à coups de bouclier par les soldats de Tatius
Sanguine - 40 x 22,9 cm
Paris, Bibliothèque nationale de France |
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3. Ferraù Fenzoni (1562-1645)
Vierge de l'Annonciation
Pierre noire, sanguine, rehauts de craie blanche - 34,3 x 21,3 cm
Paris, Bibliothèque nationale de France |
Les découvertes les plus sensationnelles viennent de la Bibliothèque nationale de France. Le dessin n'est pas la priorité de cette institution qui conserve un fonds très riche et pourtant confidentiel. Qu'on puisse y exhumer rien moins qu'une aquarelle de Turner (ill. 1), dont notre pays est si pauvre, est extraordinaire. Celle-ci avait été léguée à la BnF en 1943, date qui peut expliquer pourquoi cette libéralité a pu passer inaperçue. Elle avait échappé à l'inventaire mené par Olivier Meslay.
Dans les cartons de cette institution, Eric Pagliano a pu également identifier une sanguine attribuée avec une grande vraisemblance à Giovanni Antonio Bazzi, dit il Sodoma (ill. 2), l'un des artistes siennois les plus importants de la première moitié du XVIe siècle et un dessin de Ferrau Fenzoni, attribution confirmée par Nicolas Schwed l'auteur récent de la monographie consacrée à l'artiste. Cette Vierge (ill. 3) prépare une Annonciation peinte à fresque dans la cathédrale de Todi, mais aujourd'hui détruite.

4. Michel-François Dandré-Bardon
(1700-1783)
Homme drapé assis tenant un bâton
Sanguine, rehauts de craie blanche - 31,5 x 22,3 cm
Grenoble, Musée
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De Grenoble, un autre grand ensemble mal connu mais pour lequel un catalogue est en préparation, provient un grand dessin de Dandré-Bardon (ill. 4), attribué par Jean-Christophe Baudequin qui l'a rapproché de la figure d'Auguste dans Auguste punissant les concussionnaires, une grande toile hélas fort endommagée, conservée au Musée Granet à Aix-en-Provence. Une feuille de Flaminio Torri, Deux figures soulevant une draperie regardant une femme nue allongée sur une couche, est également une découverte grenobloise.
Parmi les dessins jamais reproduits ni exposés, on notera encore une Etude de guerriers de François Rude (Dijon, MBA), un Homme tenant un cheval par la bride du Volterrano (Grenoble, musée), et Deux têtes d'homme barbu de profil de Pietro Faccini (Poitiers, musée Sainte-Croix), ces deux dernières œuvres étant signalées dans les inventaires des récents catalogues consacrés aux dessins italiens du seicento dans les musées français (voir article).
5. Laurent Pariente (né en 1962)
Sans titre, Autoportrait, 1999
Graphite - 65 x 50 cm
Amiens, Frac Picardie |
On conclura cette brève et partielle recension en soulignant l'intérêt des dessins du XXe siècle présentés et de leur comparaison avec des feuilles anciennes. Les rapprochements fonctionnent presque toujours. Une fois n'est pas coutume, nous terminerons donc l'article sur la reproduction d'une œuvre d'un artiste vivant (ill. 5). Le jeu des lignes, apparemment exécutées au hasard, réussit non seulement à être beau, mais laisse apparaître un autoportrait de l'artiste. Cette virtuosité rappelle celle de Claude Mellan qui, lui, en un seul trait, traçait la Sainte Face.
Didier Rykner
(mis en ligne le 10 octobre 2007)
Jean-Luc Nancy, Eric Pagliano, Sylvie Ramond, Lizzie Boubli, Georges Didi-Huberman, Le plaisir au dessin, Hazan, 2007, 240 p., 39 €. ISBN : 978-2-7541-0246-9.
Informations pratiques : Lyon, Musée des Beaux-Arts, 20, place des Terreaux, 69001 Lyon. Entrée des expositions : 16, rue Edouard Herriot. Tél : + 33 (0)4.72.10.17.40 Ouvert tous les jours, sauf mardi de 10 h à 18 h, le vendredi de 10 h 30 à 18 h. Tarif : 6 € (tarif plein), 4 € (tarif réduit)
Site du Musée des Beaux-Arts de Lyon .
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