Regard sur la sculpture. "Morceaux choisis d'une collection 1650-1800"
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Pour faire écho à l'exposition du Louvre Terres cuites européennes
1740-1840, la galerie Patrice Bellanger, l'une des rares à Paris
spécialisée dans la sculpture, présente une sélection d'œuvres provenant d'une
collection privée parisienne. Celles-ci ne seront pas dépaysées par le cadre :
en effet, toutes sont passées par cette galerie et ont été vendues par
Patrice Bellanger au collectionneur. Le galeriste revendique fièrement ses choix
dans le catalogue. Il a raison, car l'exposition est remarquable. Elle est
composée, essentiellement, de terres cuites françaises des XVIIe et XVIIIe
siècle. Mais, malgré la cohérence, certaines exceptions viennent confirmer la
règle. On pourra ainsi admirer un buste original en plâtre de Houdon, le
portrait d'Anne-Robert Turgot (cat. 12). Complétant brillamment l'exposition du Louvre, on y verra aussi deux terres cuites de Sergel qui, s'il n'est pas français, eut de nombreux liens avec notre pays et fut présenté à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture où il fut agréé en 1779. Particulièrement remarquable est son Enlèvement d'une Sabine (cat. 23), qui illustre parfaitement les propos de Guilhem Scherf (voir notre entretien) sur l'esthétique du groupe, inspiré du XVIe siècle italien. On est là face à une réinterprétation typique du modèle célèbre de Jean Bologne. |
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1. Johan-Tobias Sergel |
La sélection s'ouvre par une statuette en terre cuite du Maine,
d'un grand raffinement, donnée à Charles Hoyau ou à Gervais Delabarre (cat.
1, ill. 2). L'attribution d'une sculpture est souvent, en l'absence d'éléments
probants tels qu'une signature ou l'existence d'une œuvre sûre en rapport, malaisée à
établir avec certitude. Une autre terre cuite du XVIIe siècle, un Apôtre
(cat. 2) illustre cette difficulté : les deux noms proposés, Gervais Drouet et
Pierre Legros II, sont séparés par deux générations, le premier étant né
en 1610, le second en 1666.
Le XVIIIe siècle, par le nombre, domine la sélection. En dehors
de Sergel et Houdon, déjà cités, mentionnons un projet de statue pour le
château de Bellevue de Madame de Pompadour, La musique (cat. 9) de
Falconet (artiste absent de l'exposition du Louvre) ou l'amusant et, d'une
certaine manière, très touchant, Mausolée de Fifi de Clodion (cat. 18,
ill. 3), témoin du sentimentalisme du siècle de Rousseau. On y voit, traité
comme un véritable tombeau baroque, le défunt Fifi - il s'agit d'un canari -
porté par deux de ses congénères, dont l'un, décharné et tenant la faux et
le sablier, représente la Mort.
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2.
Charles Hoyau ou Gervais Delabarre |
3.
Claude-Michel, dit Clodion |
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Il est toujours plaisant de découvrir une collection particulière. La plupart des pièces exposées sont dignes des grands musées européens et américains, ce qui prouve le niveau de celle-ci. Une visite à cette exposition est fortement recommandée. Il est peu probable que ces sculptures soient à nouveau visibles avant longtemps. Après le 26 octobre, il sera trop tard.
Didier
Rykner
(mis en ligne le 28 septembre 2003)
Paris, galerie Patrice Bellanger, 136, rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris. Exposition terminée le 25 octobre 2003.
Catalogue par Patrice Bellanger, 76 p., ISBN 2-9506583-2-6, en vente à la galerie, 30 €. A partir des 23 œuvres composant l'exposition, le catalogue reconstitue une histoire de la sculpture française du milieu du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe. A la fin de l'ouvrage, plutôt que de livrer des biographies classiques, l'auteur a choisi de resituer les sculpteurs dans leur contexte familial et professionnel, listant pour chacun d'entre eux les titres de leurs proches, les noms de leurs maîtres et de leurs condisciples d'atelier, ainsi que les artistes qu'ils fréquentèrent au long de leur vie.
Lien vers l'article sur l'exposition De Pigalle à Canova au musée du Louvre
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