Pitié pour le lecteur !
Pourquoi la plupart des éditeurs de livres d’histoire de
l’art, qu’ils soient français ou étrangers, pensent-ils apparemment si peu
aux lecteurs ? Certains livres deviennent presque inutilisables tant la gestion
des notes et illustrations en est mal conçue.
Les notes tout d’abord : placées à la fin des chapitres ou pire, à la fin du livre, elles obligent à un va-et-vient continuel au point qu’on en arrive parfois à renoncer à les lire, ou qu’on les consulte en bloc sans les relier au texte, ce qui leur fait perdre une grande partie de leur intérêt. Pourquoi ne peut-on les laisser en bas de page, comme cela était systématiquement le cas il y a quelques dizaines d’années ? On pourrait aussi envisager un double système de notes, qui distinguerait celles, purement bibliographiques, qui ne nécessitent pas une consultation systématique et pourraient être rejetées à la fin, de celles, souvent très utiles au lecteur, qui complètent le texte principal et devraient se trouver proches de celui-ci.
Autre souci pour le lecteur : les illustrations. Trop souvent, les œuvres commentées n’ont pas de renvoi clair à leur photo. Résultat : il est nécessaire de feuilleter sans répit l’ouvrage pour retrouver une figure, souvent en vain lorsque celle-ci est absente sans que cela ait été signalé. Une fois l'image trouvée, il faut souvent se rendre à la fin du livre pour rechercher les compléments de légende dans la table des illustrations : on se demande ce qui empêche de mettre une légende complète directement sous la photo. De même, il serait très utile d’inclure dans celle-ci un renvoi vers la ou les pages où l’objet est décrit.
L’index est aussi, parfois, un véritable problème. Encore faut-il qu’il existe. En France, fort heureusement, la quasi-totalité des livres parus en possèdent un. Mais la plupart des catalogues italiens, par exemple, n’en ont pas. Ceux-ci n'ont même souvent aucune liste des œuvres exposées. Il est essentiel, en tout les cas, de distinguer clairement (en gras par exemple) les pages où le terme recherché est traité de manière approfondie de celles où il fait seulement l’objet d’une citation.
Lorsque, et cela arrive, un ouvrage combine des notes à la fin, aucun renvoi aux illustrations et un index mal conçu, voire absent, le cauchemar du lecteur peut commencer. Comment, dans ces conditions, se concentrer sur un texte ? Comment y prendre du plaisir ? Cela relève quelquefois de la mission impossible.
Didier Rykner
(mis en ligne le 18 avril 2004)
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