LETTRE D'INFORMATION
Chaque semaine,
soyez informé des nouveautés

ABONNEZ-VOUS

Catalogue livres d'histoire de l'art

LIVRES PROPOSES EN
PARTENARIAT AVEC
DESSIN ORIGINAL

 
Accueil
Editorial
Brèves
Expositions
Publications
Musées
Patrimoine
Débats
Acquisitions
Etudes
Artistes
Liens
Calendrier des expositions
Colloques
Courrier
Annonces
Archives
Nouvelles mises à jour
Contact
 

Pas de malaise

   Le 5 janvier dernier, Libération a publié un article d'Elisabeth Lebovici intitulé Malaise au musée des Beaux-Arts de Nantes. Elle y dénonçait le non-renouvellement par la mairie de cette ville du mandat de trois ans donné au directeur du musée, Corinne Diserens, et appelait à protester en signant une pétition « internationale ».

   L’intervention des mairies dans la gestion des musées est rarement heureuse et nous sommes les premiers, sur La Tribune de l'Art, à contester ces pratiques. Mais, pour une fois, il n'y a rien ici de scandaleux, bien au contraire. Le rôle d’un directeur de musée est, avant tout, de mettre en valeur ses collections permanentes. Le musée de Nantes conserve un des plus beaux ensembles d’art ancien et du XIXe siècle de France. Donner la priorité à l’art contemporain ne doit pas avoir pour conséquence de priver le public de l’accès au fonds historique. Le prédécesseur de Corinne Diserens, Guy Tossato, avait réussi à trouver un équilibre entre celui-ci et l’art vivant (comme il l’avait fait à Nîmes et comme il le fait à Grenoble). Dire que le musée de Nantes est le seul musée de région, avec celui de Strasbourg, à « se bouger les fesses » (sic !) prouve que Madame Lebovici ne se déplace pas souvent en province, dont le dynamisme égale dans bien des cas celui des grands établissements parisiens, avec des moyens souvent réduits. D’ailleurs, quand elle parle du musée de Strasbourg, il serait étonnant qu’elle souligne ici la qualité de l’exposition Loth et ses filles de Simon Vouet (voir article) ou l'engagement de cette ville pour le rachat de son Canaletto (voir brève du 11/10/05). Elle évoque plus probablement le Musée d’art moderne et contemporain dont Xavier Veilhan s’est actuellement approprié un plateau entier, forcément au détriment des collections permanentes.
   Qu’on en arrive à Nantes à décrocher Kandinsky des cimaises, comme cela est rappelé, dans l’article de Libération, montre qu’effectivement, si même l’art du XXe est aussi mal traité que l’art ancien, il y a un malaise. A l'exception de l’exposition James Tissot (voir article) actuellement en cours, cela fait longtemps que ce dernier n’a plus vraiment droit de cité à Nantes. Arrêt de la politique d’acquisition, aucune exposition, salles souvent fermées... Et Corinne Diserens ne peut guère s’approprier le catalogue des peintures françaises récemment paru (voir article), dont l’initiative date d’avant son arrivée à la tête du musée.

   Contrairement à ce que croit Mme Lebovici, un musée classique n’est pas le meilleur endroit pour se prêter à des expérimentations, surtout lorsque, comme à Nantes, il existe déjà un lieu dédié à l’art de notre temps (le FRAC des Pays-de-la-Loire).

Didier Rykner
(mis en ligne le 20 janvier 2006)

Précédents éditoriaux