En 2007... ou à la Trinité !
Lors de l'enquête que nous avions menée à propos de l'église
Notre-Dame et de son retable (voir
l'article), la mairie de Calais, par la voix de Michel Langlin, adjoint au
maire, chargé du Patrimoine et du Tourisme, nous avait assuré que la
restauration était une priorité pour la municipalité, et que la balle était
dans le camp du Ministère de la Culture. Plusieurs articles parus récemment
dans la presse locale1 montrent que cette restauration est une
priorité... pour le prochaine mandat, en 2007. Monsieur Langlin, dans Nord-Littoral du 21 mars 2004, ose affirmer : « La
Ville ne peut aujourd'hui "suivre" financièrement, et cela tombe bien
en quelque sorte (sic), puisque l'Etat et le conseil général non plus
». Si le conseil général est effectivement un peu juste financièrement
(comme Brigitte Lefebvre, chargée de mission Patrimoine avait eu la franchise
de nous le dire), l'Etat est en revanche prêt à mettre des moyens à partir de
2005 dans le cadre du « plan patrimoine », François Goven, sous-directeur du
Patrimoine nous l'ayant confirmé.
On sait bien que plus l'on attend pour restaurer un monument, plus
il se dégrade, et plus cela est coûteux. Il n'est d'ailleurs pas certain que
ces fonds spéciaux seront encore disponibles en 2007. A supposer que le maire
soit réélu et qu'il tienne sa promesse...
Il y a plus. Alors qu'on nous avait dit que la peinture de Seghers était en cours de restauration, celle-ci a seulement été retendue sur son châssis. Les travaux effectifs n'ont pas encore commencé. Vu l'état du tableau, cette restauration sera très coûteuse (environ 100 000 €). Et, dans Nord Littoral toujours, on peut lire cette autre affirmation de M. Langlin : « La Direction Régionale des Affaires Culturelles nous sollicite en tant que ville pour œuvrer à cette restauration » mais il se garde bien d'ajouter que la municipalité y participera, et rien ne nous donne à penser dans cet article que la restauration soit acquise, puisque son auteur précise : « Pour l'instant, rien n'est encore véritablement décidé même si la DRAC souhaite instamment cette restauration ».
Résumons nous : à l'heure où nous écrivons ces lignes, la
remise en état de Notre-Dame, soixante ans après le bombardement qui l'a en
partie ruinée, est rien moins que sûre, alors qu'on nous avait affirmé le
contraire. La mairie a d'autres priorités, comme la construction du musée de
la Dentelle. Mais comment peut-on avoir d'autres priorités culturelles que de
restaurer la seule église ancienne d'une ville, surtout quand celle-ci conserve
un retable exceptionnel dans un état aussi dégradé ?
Cela laisse augurer de ce que donnera la décentralisation dans des
villes, des départements ou des régions qui considèrent le patrimoine comme une danseuse, vieille et laide de surcroît.
Rendons hommage, une fois encore, à l'Association pour la Mise en Valeur du Patrimoine Architectural du Calaisis et pour la réfection de l'Eglise Notre Dame Historique de Calais, qui continue à se battre courageusement pour ce monument. Elle y organise, le dimanche 28 mars 2004, un concert avec des œuvres de Purcell2 au profit de sa restauration. Pour notre part, nous reviendrons régulièrement sur ce dossier. Il faut sauver Notre-Dame de Calais.
1. Notamment Nord Littoral du
dimanche 21 mars 2004 et La Voix du Nord du mercredi 24 mars 2004.
2. A 16 h 00 : Musique baroque anglaise, Henry
Purcell, avec le Chœur Départemental du Pas-de-Calais Lyriade 62,
direction musicale Nadège de Kersabiec, dirigé par Mark Deller.
Didier Rykner
(mis en ligne le 26 mars 2004)
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