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Je suis avocat à Lens et suis d'ailleurs né dans cette ville.
A l'occasion d'une recherche sur le « Louvre Lens », je découvre le courrier d'un lecteur qui se dit déçu de l'implantation d'une antenne du Louvre à Lens.
S'il accepte de venir à Lens, il comprendra qu'il a tort d'être déçu.
J'ai animé avec d'autres des « comités de soutien » à la candidature lensoise et contrairement à ce que dit le lecteur l'engouement populaire fut important.
A titre d'exemple, l'exposition « Rodin » à Lens-Lievin a attiré 16.000 visiteurs en quelques jours, dans le cadre de  « LILLE 2004 » .
Nous avons mené notre action sans complexes, conscients du fait que notre population est majoritairement jeune mais que nous avons soif de culture.
Nous ne sommes pas incultes et nous avons dans la région des références comme « les Beffrois de la culture » ou l'association « Culture commune  ».
Notre candidature fut celle de toute une agglomération  et ce Louvre sera régional.
Le lecteur a raison sur un point : le choix du gouvernement fut politique mais il le fut au sens noble du terme à savoir que les pouvoirs publics ont pris une décision symbolique dans le domaine de la cohésion sociale en participant activement à l'organisation de la cité, ce qui est bien le sens étymologique de l'action politique.
Ce choix n'était en tous les cas pas politicien car notre ville est administrée par des élus de gauche.
L'ancien premier ministre et le toujours actuel ministre de la culture ont donc transcendé les clivages politiques en nous choisissant et nous saurons nous montrer dignes de cette énorme marque de confiance.  


Gérald Vairon
Avocat à lens
Co-animateur des comités de soutien
(courrier mis en ligne le 9 juin 2005)

Réponse :

Je ne peux parler au nom du lecteur auquel vous répondez, mais je crois comprendre qu'il s'agit du courrier de Frédéric Roz publié le 24 mars 2005. Il ne dit à aucun moment que l'engouement populaire a été faible, il dit seulement qu'on ne s'est jamais préoccupé de « l’avis des chercheurs ou des historiens ». Il n'a en outre jamais prétendu que les Lensois étaient « incultes ». Enfin, je pense qu'il n'est pas déçu, mais tout simplement qu'il est opposé à ce projet.

Je vous suggère de lire les articles que j'ai écrits pour m'opposer à ce projet, sur se site ainsi que dans des tribunes au Monde et à Libération (ces articles sont référencés dans le courrier de Frédéric Ros). Vous souhaitez, avez-vous écrit dans un mail, engager le débat. Nul plus que moi ne le désire, car jusqu'à présent ce débat n'a pas vraiment eu lieu : jamais les partisans du projet n'ont eu la courtoisie, ou la capacité, de me répondre concrètement sur les faits.

Je rappelle, une nouvelle fois mes principales questions (loin d'être exhaustives), résumées dans l'article de Libération auquel je fais allusion plus haut :

- Est-ce le rôle du Louvre de relancer économiquement une ville française déshéritée ?

- Pourquoi alors privilégier seulement Lens et le Nord-Pas-de-Calais ?

- Comment justifier de telles dépenses (100 millions d’euros d’investissement et 10 millions d’euros de charges de fonctionnement par an) alors que de nombreux musées, un peu partout en France – y compris dans le Nord-Pas-de-Calais – ont des réserves pleines, souvent d’œuvres déposées par le Louvre ?

- Quel sera l’avenir des autres musées de cette région quand tout son budget sera consacré à l’antenne de Lens ?

- Comment assurer la conservation des œuvres d’art qui passeront leur temps à voyager d’un point à l’autre ?

- Pourquoi avoir agrandi le Louvre récemment pour le vider d’une partie de ses collections ?

Je concluais par cette phrase : « Le Louvre est un musée, pas un instrument de politique économique et sociale. » Je pense qu'elle répond à votre affirmation que ce projet est une « décision symbolique dans le domaine de la cohésion sociale ».

Didier Rykner

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