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Monsieur,
Nous sommes des collectionneurs, donateurs du Louvre, de plusieurs musées et des lecteurs attentifs de La Tribune de l'Art ; nous avons déjà protesté auprès de la direction du Louvre, en particulier auprès de M. Loyrette sur le principe même de « l'antenne » d'Atlanta ; nous n'avons obtenu que des paroles lénifiantes et rassurantes, nous affirmant qu'il ne s'agirait que d'œuvres dites mineures.
Le prêt pendant un an de certains fleurons du musée est inacceptable : il s'agit du patrimoine de la Nation et nul ne devrait avoir le droit de donner l'autorisation de leur faire quitter le pays. Sait-on dans quelles conditions ces prêts auront lieu ? Qui a pris la décision d'en disposer ? Qui les accompagnera et dans quelles conditions ? Qui sera responsable de leur sécurité ? Qui seront les « heureux accompagnants » ? Il est à craindre que des décisions politiques et personnelles soient à l'origine de ce projet aberrant. Celui de Lens, bien que discutable, a au moins le mérite d'être en France. Puisque nos Assemblées font des lois pour tout et pour rien, ne serait-ce pas justement l'occasion d'en voter une qui règlemenerait sévèrement le prêt à l'étranger des œuvres des musées nationaux (en les limitant dans le temps, en en réduisant la fréquence, voire en l'interdisant pour certains objets trop précieux ou trop fragiles) ? Certains donateurs, certains musées interdisent les prêts et, devant de tels abus, ils ont raison.
Nous vous serons reconnaissants de diffuser notre protestation ; il faut espérer qu'il y en aura de nombreuses autres pour faire, si possible, interdire le prêt des œuvres majeures.
Bien cordialement.
Colette et Jacques Ulmann
(courrier mis en ligne le 22 janvier 2006)
Lien vers les autres courriers reçus à ce sujet
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